Vertiges pendant le sommeil : les causes et les solutions

Être réveillé en pleine nuit avec la sensation que la pièce tourne autour de vous, des nausées, peut-être même des vomissements… Si vous avez déjà vécu ce scénario désagréable, vous souffrez probablement de vertiges nocturnes. Ce trouble fréquent mais peu connu peut considérablement perturber votre sommeil et votre qualité de vie. Découvrez les causes possibles de ces vertiges qui surviennent pendant le sommeil et surtout, les solutions pour vous en débarrasser.

L’hypotension orthostatique, un coupable fréquent

Une chute soudaine de tension artérielle lorsque vous vous levez pendant la nuit peut provoquer des vertiges. C’est ce qu’on appelle l’hypotension orthostatique. Le passage brutal de la position allongée à debout entraîne une brusque descente du sang dans les jambes. Le cerveau est alors transitoirement moins bien irrigué, ce qui déclenche le vertige.

Certains sont plus à risque : les personnes âgées, les femmes enceintes, les diabétiques… La déshydratation et la prise de certains médicaments anti-hypertenseurs favorisent aussi ce phénomène. Si cela vous arrive souvent, prudence, cela peut cacher des troubles neurologiques sous-jacents. N’hésitez pas à consulter.

La solution ? Prenez votre temps au lever. Asseyez-vous d’abord au bord du lit quelques instants avant de vous mettre debout. Hydratez-vous suffisamment en journée et augmentez votre consommation de sel si vous transpirez beaucoup. Portez des bas de contention si votre médecin vous les prescrit. Ils aident à redistribuer le sang des jambes vers le cœur et le cerveau.

Essayez aussi de surélever légèrement la tête de votre lit. Cela favorise le retour veineux pendant la nuit et réduit le risque d’hypotension au lever. Vous pouvez placer une cale en bois sous les pieds du lit côté tête ou utiliser un sur-matelas légèrement incliné.

Quand l’oreille interne dysfonctionne

L’oreille interne, minuscule organe niché dans le crâne, joue un rôle crucial dans notre équilibre. Sa partie vestibulaire analyse en permanence la position et les mouvements de la tête. Un dysfonctionnement à ce niveau est une cause classique de vertiges, y compris nocturnes.

Le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) est l’un des troubles les plus fréquents de l’oreille interne. Il est lié à la présence de petits cristaux, les otolithes, dans les canaux semi-circulaires. Lors de certains mouvements de tête, en se retournant dans le lit par exemple, les otolithes se déplacent et trompent le système vestibulaire, déclenchant le vertige. Étourdissements, perte d’équilibre, nausées en sont les symptômes typiques.

Pour soulager un VPPB, des manœuvres spécifiques réalisées par un professionnel permettent de replacer les otolithes à leur place. La manœuvre d’Epley est la plus connue. Elle consiste en une série de mouvements de la tête et du corps qui, par gravité, ramènent les cristaux dans l’utricule, leur zone de stockage naturelle.

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Entre les séances, dormez en surélevant la tête et évitez les mouvements brusques. Le port d’un collier cervical souple la nuit peut vous y aider. Certains kinésithérapeutes vestibulaires proposent aussi des exercices de rééducation à faire chez soi pour accélérer la guérison.

Les vertiges peuvent aussi être le signe d’une maladie de Menière. Cette pathologie de l’oreille interne associe vertiges, acouphènes et baisse d’audition. Les crises durent de quelques minutes à plusieurs heures. Elles sont souvent déclenchées par le stress, l’anxiété ou un choc émotionnel. Un traitement médical adapté permet de les espacer. Il associe des médicaments pour soulager les symptômes, comme les antivertigineux et les antiémétiques, à un régime pauvre en sel pour diminuer la pression dans l’oreille interne. La pratique d’une activité relaxante type yoga, méditation, est aussi recommandée.

Des injections d’antibiotiques ou de corticoïdes dans l’oreille moyenne, voire une intervention chirurgicale, peuvent être proposées dans les cas sévères. L’objectif est de réduire la pression dans l’oreille interne et de préserver l’audition.

Enfin, une inflammation du nerf vestibulaire, la névrite vestibulaire, peut provoquer de violents vertiges. Souvent d’origine virale, elle nécessite du repos strict, des médicaments anti-vertigineux et de la rééducation. Les exercices de compensation vestibulaire aident le cerveau à s’adapter au déséquilibre entre les deux oreilles. Progressivement réintroduits, ils permettent de retrouver une stabilité, d’abord assis, puis debout et enfin en marchant.

Le mal des transports, même au lit !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le mal des transports est une autre cause possible de vertiges nocturnes. Il touche surtout les femmes pendant leurs règles ou leur grossesse, ainsi que les enfants. Il résulte d’un décalage entre les informations visuelles et celles données par l’oreille interne sur les mouvements. Le cerveau « croit » que le corps est en mouvement alors qu’il est immobile dans le lit.

Pour réduire ce risque, mangez léger le soir et hydratez-vous. Aérez bien la chambre et préférez une température fraîche pour dormir. Le matin, prenez le temps d’émerger en douceur. Un petit-déjeuner riche en sucres lents vous aidera à retrouver vos repères.

Certains gestes peuvent aussi vous soulager. Par exemple, fixez un point immobile dans la pièce pour donner un repère stable à votre cerveau. Respirez profondément et calmement, cela apaise le système nerveux et réduit la sensation de malaise. Vous pouvez aussi masser doucement vos tempes ou l’intérieur de vos poignets, zones riches en points d’acupuncture liés aux nausées.

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Si vous prenez souvent les transports, entraînez votre système vestibulaire en dehors des crises. Faites des exercices de coordination œil-tête : bougez lentement la tête de droite à gauche puis de haut en bas en suivant votre doigt des yeux. Ou encore, fixez un point devant vous et tournez rapidement la tête à droite puis à gauche. Avec un peu d’entraînement, votre cerveau s’habituera mieux aux mouvements et les vertiges diminueront.

Vertiges et troubles métaboliques

Un taux de sucre trop bas dans le sang, l’hypoglycémie, peut aussi être en cause. Elle survient surtout chez les diabétiques traités mais pas uniquement. Pensez à toujours avoir une source de sucre rapide (jus de fruits, bonbons…) près de votre lit en cas de malaise nocturne.

Certains médicaments peuvent aussi provoquer une hypoglycémie, même chez les non-diabétiques. C’est le cas de certains antibiotiques, anti-inflammatoires ou antidépresseurs. Si vous débutez un nouveau traitement et que des vert

iges apparaissent la nuit, parlez-en à votre médecin. Il pourra peut-être adapter les doses ou changer de molécule.

À l’inverse, de fortes poussées d’hypertension artérielle la nuit peuvent aussi provoquer des vertiges au réveil, en plus des maux de tête. Un bilan chez votre médecin s’impose pour adapter votre traitement. Il vérifiera aussi votre glycémie et votre bilan lipidique. Un diabète, un excès de cholestérol ou de triglycérides peuvent en effet perturber la circulation sanguine et favoriser les vertiges.

Dans tous les cas, une bonne hygiène de vie est essentielle. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une gestion du stress aident à réguler la tension artérielle et la glycémie. Le sommeil joue aussi un rôle clé. Respectez un rythme régulier, avec des heures de coucher et de lever stables. Évitez les écrans avant de vous coucher, ils perturbent la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. Optez plutôt pour une activité relaxante : lecture, méditation, étirements doux…

Et si c’était grave, docteur ?

Heureusement les causes les plus fréquentes de vertiges nocturnes sont bénignes. Mais il faut savoir repérer les signaux d’alarme nécessitant une prise en charge urgente :

  • Vertiges associés à une faiblesse ou un engourdissement du visage, d’un bras ou d’une jambe, une déformation de la bouche : il peut s’agir d’un AVC. Appelez immédiatement les secours. Chaque minute compte pour limiter les séquelles.
  • Vertiges survenant après un choc à la tête, avec ou sans perte de connaissance : direction les urgences, un traumatisme crânien doit être éliminé. Même sans signe immédiat, un « coup du lapin » ou un hématome cérébral peuvent se constituer progressivement et engager le pronostic vital.
  • Vertiges accompagnés de fièvre, raideur de nuque, trouble de la conscience : méningite ou encéphalite sont à craindre. Là encore, une prise en charge hospitalière rapide est impérative.
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Dans tous ces cas, n’hésitez surtout pas à appeler le 15 ou le 112. Face à une urgence potentielle, il vaut mieux pécher par excès que par défaut. Votre médecin ne vous en voudra pas de l’avoir dérangé pour « rien » au milieu de la nuit. Au contraire, il sera ravi que vous ayez eu le bon réflexe !

En conclusion, les vertiges pendant le sommeil sont un problème fréquent aux causes multiples. Le plus souvent sans gravité, ils peuvent néanmoins altérer significativement la qualité du sommeil et la vie quotidienne. Si vous en souffrez de façon répétée, parlez-en à votre médecin. Des solutions simples existent pour la plupart des causes et vous permettront de retrouver des nuits paisibles… et stables !

N’oubliez pas qu’un bon sommeil est essentiel pour votre santé physique et mentale. Alors, si des vertiges ou d’autres troubles viennent perturber vos nuits, prenez les choses en main. Tenez un journal de vos symptômes, notez ce qui semble les déclencher ou les aggraver. Ces informations aideront votre médecin à poser le bon diagnostic et à vous proposer un traitement personnalisé.

En attendant, essayez aussi les remèdes de grand-mère. Un bon oreiller ergonomique pour soutenir votre nuque, quelques gouttes d’huiles essentielles apaisantes sur votre traversin, une infusion de mélisse ou de passiflore avant de vous coucher… Autant de petits gestes simples mais efficaces pour vous détendre et favoriser un sommeil de qualité.

Enfin, n’hésitez pas à en parler autour de vous. Les vertiges nocturnes restent un sujet tabou, par peur d’inquiéter ou de passer pour un « douillet ». Pourtant, en partageant votre expérience, vous découvrirez que vous êtes loin d’être seul(e) à souffrir de ce trouble. Vos proches pourront aussi vous épauler et vous aider à traverser cette épreuve. Car c’est bien connu, les problèmes partagés sont déjà à moitié résolus !

Alors, si les vertiges vous tournent la tête au point de vous gâcher la vie, il est temps d’agir. Avec un peu de patience, de persévérance et un bon accompagnement médical, vous retrouverez bientôt le plaisir de vous glisser sous la couette… et de vous réveiller en pleine forme le lendemain matin !