Coups de tête et de danse

J’ai laissé mes doigts galoper. Ils avaient envie depuis plusieurs semaines de crier et de hurler toutes les pensées qui étaient en moi. Mais comment faire quand on a peu de temps et parfois peu l’envie de tout révéler ? Prise dans un incroyable tourbillon, je laisse aller.

Je me plonge dans un verre de bière, je fume des clopes au point qu’on dirait que j’ai toujours fait ça, je mets mes plus belles robes, mon meilleur baggy avec mon plus beau body, je souris, je vis, je respire, je sens toute cette vie en moi et qui fait que je me sens bien présente dans le monde actuel.

Je sens aussi la colère bouillonner, je sens que j’ai envie de manifester, j’ai envie de dire que je ne suis pas d’accord, j’ai envie de crier au monde qu’il est un peu con, voire carrément cruel, et puis je regarde le cou de mon fils, que je pourrais couvrir de baisers, tellement ce petit cou sent si bon.

La colère, la révolte, toutes ces émotions fortes m’habitent. Depuis que je suis à la tête de ce compte Instagram, c’est comme si au quotidien j’avais ça en permanence dans ma poche. L’envie de me battre, l’envie de renverser le monde. Je suis devenue encore plus exigeante. Je suis devenue encore plus battante. Je ne peux plus m’arrêter pour être honnête.

C’est aussi épuisant.

Je crois que je suis épuisée.

Je suis épuisée des émotions fortes que je peux m’infliger, que j’inflige à mon entourage. Je me sens comme prisonnière de tout cela. J’ai un besoin de ressentir. J’ai besoin de ressentir pour me sentir vivre. J’ai besoin de ces émotions pour savoir que je suis bien dans ma vie. J’ai l’impression que je suis partie à la course à l’émotion et je crois que ça épuise mon entourage proche (Big Up à mon mec … )

J’ai remarqué que j’avais besoin de me mettre en danger pour me dire que j’avais du poids et de l’importance. Ce n’est pas très sain comme manière de fonctionner mais c’est ainsi depuis quelques mois. J’ai besoin de sentir que mes désirs, que mes coups de tête, que mon instinct n’est pas complètement pourri.

Moi qui suivais le chemin bien tracé, tracé par mes décisions, tracé par des normes que je n’ai jamais trop remises en cause, j’ai envie de mettre le bazar. J’essaye de trouver comment je pourrais faire pour concilier mes vies et mes envies et j’avoue que pour l’instant, c’est une réflexion plus que compliquée.

Alors sur un coup de tête, je suis partie en Bretagne voir les copains. La Bretagne a l’avantage de me remettre directement dans le droit chemin. C’est assez bizarre comme sensation. Ou alors ce sont les copains. Peut-être.

J’ai laissé l’instinct prendre le dessus. J’ai laissé mon envie de large, mon envie de tout bousculer ressortir. J’ai embarqué mon fils, j’ai éteint le compte pour quelques jours et j’ai respiré. J’ai senti les embruns et je me suis sentie apaisée. Mon fils courrait sur la plage, il tombait et il refusait de mettre les mains dans le sable. Un peu comme moi en ce moment. Il était beau. Il était exactement ce que je voulais à ce moment-là : l’innocence avec des bottes licornes.

Parfois je me dis que la vie va peut être trop vite. Que je suis en train de brûler la chandelle par les deux bouts. Que je me laisse submerger par tout cela.

Et puis je retourne en soirée et je sens cette foule me soulever plusieurs fois. Je donnerai une grande partie de ma vie pour ressentir ces mouvements de foules quand je danse, quand je sens la musique en moi. C’est une sensation indescriptible. Je me sens comme ne faisant qu’un, comme appartenant à une grande humanité. La danse est mon exutoire, ma manière de me droguer, ma manière d’exister.

Parce que mes coups de tête seront toujours des balises dans ma vie, parce que je me fais profondément confiance. Laisse moi danser pour oublier quelques instants que je dois être sérieuse et investie. Laisse moi danser pour te montrer mon engagement et mon envie de changer le monde. Laisse moi danser pour exprimer ma sensualité, mon envie de baise et aussi celle de plaire.

Monte encore un peu le son, fais moi vibrer, emmène moi dans des gymnases abandonnés, dans des hangars, dans des garages. Emmène moi pour que je puisse ressentir encore un peu plus ce corps que je suis en train d’aimer profondément. Laisse moi danser, seule, accompagnée, fais moi ressentir la foule, fais moi ressentir les vibrations des basses et celle de mon corps. Laisse moi ressentir cette sexualité, ce besoin d’animalité, continue encore à me regarder, touche moi si tu en as envie, mais laisse moi vivre cette sensation.

Encore et encore. Toujours plus.


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