Cher Parti Socialiste, je ne voterai plus pour toi.

Cher Parti Socialiste, et tout autre parti qui s’en rapproche,

Je voulais t’écrire cette lettre de rupture depuis maintenant plusieurs mois, mais je crois que le temps est venu.

Cher Parti Socialiste, je ne voterai plus pour toi.

Pendant longtemps, j’ai beaucoup cru en toi, comme ma grand-mère et mon père, on était fier de dire « Dans la famille, on vote socialiste depuis trois générations« . Je revois mon père me parler de l’arrivée de Mitterrand et des fêtes autour du bi-centenaire de la Révolution française. Je me souviens de mon père me racontant pourquoi je devais voter socialiste, même si il m’a toujours laissée faire ce qui me plaisait.

Moi, j’étais une fille PS, une fille de gauche, une fille de la gauche réformiste, une fille du compromis. Celle qui pense que l’humain est plus important que les profits, mais qu’il ne faut pas non plus renoncer à l’économie. J’étais ce genre de fille qui se battait pour ses convictions, j’aurais pu prendre ma carte au PS, si je n’avais pas rencontré des militants un peu concons trop proche de toi. Je n’ai jamais été adhérente, mais j’étais fidèle, comme on peut être fidèle à un parti politique. Avec des contrariétés, avec de l’euphorie et avec beaucoup de gesticulations.

J’avais décidé de taire mon désamour pour toi, Parti Socialiste, mais comme tu tournes à l’envers, je pense qu’il va falloir mettre les pieds dans le plat.

Il y a eu les quinze milles polémiques, ceux qui ont caché de l’argent, qui accusent les morts, ceux qui ont des phobies administratives, ceux qui ont fait semblant de partir pour revenir, il y a ceux qui disent qu’ils ne sont plus socialiste, mais qui sont encore au gouvernement et ceux qui font passer des lois qui détruisent largement les acquis des travailleurs.

Alors, ouais, j’ai décidé qu’il était temps d’ouvrir un peu mon cœur et mes opinions, parce que. Parce que.

J’ai voté François Hollande en 2012. Aux deux tours.

Je ne me suis même pas posée la question de savoir si c’était le bon vote : j’ai voté en te faisant confiance.

Je suis allée à son meeting à Toulouse. J’ai donné mon espoir sur la jeunesse et sur l’éducation.

J’ai bu du champagne avec mes copains sur la place du Capitole, à Toulouse, pour fêter cela avec des syndicalistes, avec des jeunes de toutes origines.

Avec les copains, on avait même organisé des soirées où on attendait les résultats. On était une dizaine, on frémissait, on se faisait des blagues et on attendait fébriles de savoir que l’ancien président dégage.

On était content. On n’allait plus entendre des polémiques sur le voile, sur l’islam, sur les pauvres, sur les assistés, sur l’Afrique qui n’a pas d’histoire, sur les immigrés. On allait se sentir compris, c’était certain.

Je n’habitais pas encore la Seine Saint Denis, je n’y travaillais pas non plus. J’étais étudiante, j’attendais beaucoup sur l’éducation, beaucoup sur la santé. Je n’avais pas encore mes idées radicales sur la finance et le patriarcat. J’étais la meuf des compromis, dans le dialogue social, le dialogue tout court. T’aurais pu me classer au centre gauche. Et je votais socialiste à toutes les élections.

C’est loin tout cela.

Et puis. Il y a eu ces quatre années. Ces quatre années de merde.

On pourra dire une chose : je crois que j’ai une gueule de bois d’enfer depuis quatre ans. Et tu sais quoi ? Je ne suis pas la seule.

J’ai appris ce qu’était la politique. J’ai compris pourquoi les gens étaient désabusés, pourquoi ils se moquaient de moi et de mes envolées lyriques. J’ai compris que la politique, c’était avant tous des hommes qui défendaient des intérêts qui n’étaient pas les miens.

Alors oui, il y a eu le terrorisme. On ne va pas revenir là-dessus. Tu sais combien cela m’a touchée. Je pense ne pas avoir besoin de me justifier là-dessus.

Il y a eu le terrorisme, et pis il y a eu toutes les petites phrases, avec des polémiques grandes et petites. Il y a eu les désillusions, les envies d’arrêter de voter, les envies de dire « stop », les envies de mettre un coup de pieds dans la fourmilière.

On a arrêté d’en parler avec les copains, j’ai continué à ruminer, j’ai continué à me dire que notre monde marchait sur la tête. Et j’essaye de rester polie quand je dis cela, parce que les mots pourraient largement dépasser ma pensée.

Tous les jours, je regarde comme un pantin l’actualité de notre pays, et je me demande si je ne me suis pas trompée de planète. Loin de moi l’idée de dire qu’ils sont tous pourris, ou que rien ne mérite débat, mais j’avais quand même un peu plus d’ambition pour mon pays. Bizarrement, je suis un pur produit de la République : j’ai voté avec allégresse en 2005, j’ai suivi un cursus tout ce qu’il y a de plus classique et j’ai tenté toujours d’être droite dans mes convictions. Je t’ai été fidèle. Jusqu’au bout. Jusqu’à te remettre au pouvoir en 2012.

Mais là, je n’en peux plus.

Je me demande comment on peut être autant prise pour une conne par les politiques. Sincèrement.

Toute la journée, je lis les frasques de tes membres, je lis le procès d’un ancien ministre, je lis les propos d’un premier ministre qui a confondu sa droite et sa gauche, je regarde les concurrents se tirer dans les pattes. Comme vous êtes ridicules à vouloir le pouvoir. Comme tu es ridicule de penser que je vais revoter pour toi, avec une primaire ou pas, avec des candidats dissidents ou pas. Ces candidats ridicules qui ont un melon plus gros que leurs programmes.

Il est où me temps où je vibrais pour la politique ? Il est où le temps où je me sentais un minimum comprise ?

Cher Parti Socialiste, si tu ne te souviens pas bien, je peux te raconter mon quotidien d’habitante du 93.

Tous les jours, je galère pour prendre les transports communs, dont le forfait a augmenté au passage depuis que la droite est repassée en Île de France. Parfois je rencontre des gens dans un misère sociale que tu ne t’imagines même pas, toi, dans ta rue de Solférino. Il y a des gens qui viennent de pays en guerre et qui mettent leurs enfants dans nos collèges pour qu’ils apprennent le français, parce que la France, pour eux, c’est le pays des droits de l’Homme. Souvent je rencontre des élèves qui se font contrôler, pour rien, parce qu’ils mangeait un kebab sur un banc et qu’ils étaient noirs. Je vois des insultes racistes sur les murs, sur Twitter, j’en entends dans le bus, à la table de tonton Roger  et de la part de la mamie du 4ème. Quand une élève me demande si elle a les mêmes chances que tout le monde parce que sa peau est noire et qu’elle habite Saint-Denis, j’ai dû mal à répondre « Oui », parce que figure toi, que non, elle n’a pas les mêmes chances.

Je vois des femmes voilées qui sont étonnées que je leur sourie, j’ai des mamans qui s’excusent de porter le voile. Je côtoie des enfants qui n’ont rien, qui mettent le même t-shirt pendant trois jours, parce qu’en fait ils dorment dans une voiture. Je vois des cours surchargés, des profs fatigués, des profs absents en primaire parce qu’ils ont trop d’élèves. Je vois des amis au bord du burn-out, trop pris dans leur travail, qu’ils sont heureux d’avoir par rapport à tous les autres qui n’en ont pas.

Je ne te parle pas de santé : on galère tellement pour trouver un généraliste dans le 93, qu’on a gardé le nôtre à Paris. Je ne te parle pas des médecins qui refusent de prendre le CMU ou des pharmaciens qui ont décidé de mettre une close de conscience pour arrêter de distribuer la pilule du lendemain.

Je ne te parle pas des gens qui ont décidé que l’IVG était un confort pour la femme, des mecs qui contrôlent les paroles et les actes des femmes et qui émettent un avis sur les agressions sexuelles (« jupe trop courte, elle l’a allumé« ). Ah, au fait, tu n’as pas remarqué que t’avais presque pas de femmes aux responsabilités ? Que pour la diversité on repassera aussi. Faudrait peut-être s’interroger sur tes idées, qui ne recrutent au passage que des hommes blancs de plus de 50 ans. D’ailleurs, j’ai trouvé ton dernier fan, mon père. Je ne te dis pas la déception.

Parlons un peu du travail si tu le souhaites. Si moi je ne suis pas à plaindre, je te rappelle juste que des millions de personnes galèrent chaque mois pour se nourrir et que t’as encore fait un cadeau fiscal aux grosses entreprises en pensant qu’on allait réussir à relancer l’économie comme cela. T’as oublié au passage les petites entreprises, qui elles, ont toujours des impôts et qui galèrent sévère ! Ah oui et pendant que j’y pense, est-ce que tu peux arrêter les polémiques sur les gamins de banlieues ? Juste comme ça au passage. Arrête de stigmatiser une partie de la population pour récupérer tous les déçus de TA politique.

Si j’étais toute seule à penser cela, je m’inquièterai pas pour les prochaines élections. Je pense même que j’aurais assumé de ne pas voter. Bah ouais, parce que bon, là, tu ne me fais pas rêver.

Mais le problème, cher Parti Socialiste, c’est qu’autour de moi on est dix, vingt, trente… Que tout le monde se pose la question, que tout le monde se demande bien comment on va faire face aux choix que tu nous laisses. Il est vrai qu’en fait, ce n’est pas un choix. Tu nous mets au pied du mur et tu attends en pensant qu’on va serrer les fesses, et qu’on va avoir trop peur du FN pour le faire.

Mais je te le dis, et je pense que je ne suis pas la seule :

Cher Parti Socialiste, je n’écris plus ton nom,

Je ne voterai plus pour toi

Et je te laisse avec tous tes mecs décomplexés.

Je vais partir, je ne serai pas responsable de la montée du FN, je ne vote pas FN. Arrête de me dire que c’est de ma faute si les français votent FN. Les seuls responsables, c’est toi et toi seul. Toi et toute la classe politique.

Prends tes responsabilités. Vu le nombre de couilles qu’il y a dans ton parti, pour une fois, prends les et assume. Propose un vrai débat de fond sur le social et l’éducation. N’assume pas le gouvernement et le président, refais toi une peau neuve, prends des jeunes, des femmes, de la diversité, merde quoi !

Et peut-être qu’un jour, on pourra en reparler.

Mais je te le dis, cher Parti Socialiste, t’es mal barré.

 

Ce billet a été publié sur le Huffington Post le vendredi 16 septembre à cette adresse : http://www.huffingtonpost.fr/marie-c/cher-parti-socialiste-pourquoi-je-ne-voterai-plus-pour-toi_b_12023894.html

Il a été en Top Tweet France le 15 septembre au soir. (ça, c’est pour me souvenir quand je serais vieille et sénile ! )

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74 Commentaires

  1. On est d’accord, à 100% ! Tellement, que je ne saurais pas quoi rajouter de plus à ce que tu dis. Si ce n’est que personnellement, j’ai peur ! Pas pour moi particulièrement mais pour l’avenir. Parce que j’ai l’impression qu’on est en train une nouvelle fois de répéter les mêmes erreurs. Parce que j’ai l’impression que cela n’ira pas mieux quand j’entends certaines conversations de mes amis. Parce que j’ai l’impression que les français se trompent de debat !
    Moi aussi je me pose la question d’aller voter !

    1. Madame Sourire dit :

      Je vais aller voter. Juste, je ne sais pas pour qui et je me demande si je vais prendre du plaisir… Les conversations chez mes parents me font halluciner.
      A bientôt !

    2. Moi je n’ai pas voté Hollande ux deux tours et je me suis fait avoir par Mélenchon qui ne voulait pas être président(avec les communistes qu »il déteste)mais servait de rabatteur à Hllande. Il est trotskiste lambertiste(parti produit et payé par la CIA)comme Jospin, Dray,kouchner,, Cahuzac,Cambadélis, DSK etc…
      Pour ma part au deuxième tour je ne voterai ni PS, ni LR, ni Mélenchon et si un de ces 3 là est opposé à MLP je voterai pour elle, marre d’être pris pour des cons. Il est temps de banacer u pavé dans la marre. Mélenchon de beaux discours comme Hollande en campagne n’oubliez pas . Et cette fois ci il se déclare tout seul sans compter sur les forces du Front de gauche et il a piqué les électeurs du PCF avec marie georges Buffet qui les a trahis comme son compère Robert Hue.

      1. Argumentaire absurde, à ce niveau c’est du délire. Le coup de l’a CIA ça montre votre niveau de réflexion.
        Et sinon MLP elle vous prend autant sinon plus pour des cons. Il faut être naïf pour ne pas le voir.
        Et toujours cette excuse de « jeter un pavé dans la mare ». C’est un peu facile, c’est pas vous qui allez subir la répression policière et conséquence de votre « coup de gueule » PMU.

        Bien sur que les politiques mentent et se moquent de leur électeurs. C’est pas une raison pour voter pour un parti fachiste et raciste.

        1. Madame Sourire dit :

          Je vous rejoins largement. J’ai hésité à autoriser ce commentaire mais… Parfois il est intéressant de lire ce genre de raisonnement.

          1. Bien dommage que vous ayez hésité. Ça pollue la qualité de votre article

          2. Madame Sourire dit :

            Je pense que parfois il faut montrer le vrai visage de certains. Mais je suis encore en pleine réflexion là dessus.

      2. Luis, assume ton vote facho et ne met pas ça sur le dos de qui que ce soit même pas de Hollande ou melanchon !!! Et ton pavé dans la marre, fais en meilleur usage

  2. Très bon article (comme toujours). Je ne vote plus depuis quelques années pour les mêmes raisons. Les débats politiques dans les médias me donnent envie de vomir. La seule chose que je crains, c’est d’avoir le FN au pouvoir aux prochaines présidentielles. Si tu ne l’as pas déjà lu, je te conseille la BD Economix qui parle d’économie mais aussi de politique, d’environnement… La seule chose qui me permet de ne pas déprimer, c’est un article d’un philosophe qui disait que le néolibéralisme est en train de mourir et que les hommes politiques essayent de le maintenir pour continuer à s’engraisser sur notre dos. Vivement la fin de ce système pour que l’on retourne vers des vraies valeurs d’humanisme.

  3. Je ne vois malheureusement pas quoi rajouter. Et pour les élections, je ne me pose plus la question: je ne participerai plus à cette mascarade. Advienne que pourra maintenant mais effectivement, la montée du FN n’est pas due à ceux qui ne vont pas voter.

  4. Je crois que ton article résume la pensée de beaucoup d’entre nous. Je ne vois pas quoi ajouter !
    J’ai peur, peur pour l’avenir, peur en entendant les discussions de mes collègues, peur en écoutant les « débats » politiques et les pseudos analyses…

    1. Madame Sourire dit :

      Il ne faut pas avoir peur et continuer à être exigeante ! On peut demander des comptes et je compte bien le faire ! 🙂
      Allez hauts les cœurs !

  5. A la base je vote droite. Éducation de mes parents. Pas parce que je pense que c’est le meilleur système mais juste parce que j’ai beau être socialiste dans mon coeur je n’ai jamais cru à leur politique. Mais la de la même manière que toi je ne sais pas quoi faire pour les prochaines. Je ne crois plus en personne …
    Bel article et tres bien écrit !!!

    1. Madame Sourire dit :

      Je crois aussi que c’est le même sentiment à droite, surtout quand on n’aime pas Sarko. Je compatis fortement.
      Merci pour le compliment <3

  6. Ton article me laisse quand même sur ma faim : du coup tu ne vas pas voter du tout ? Ou alors tu as une alternative ? J’aimerais bien savoir je suis curieuse 😉 . Et sinon ça n’a rien à voir mais je me suis pris un énorme coup de vieux en te lisant car moi ma première élection présidentielle c’était en 2001…

    1. Madame Sourire dit :

      Ne t’inquiètes pas, j’ai voté à celle de 2007. Mais là j’étais un peu contrainte aussi…
      Et si je vais voter, mais je ne sais toujours pas pour qui. C’est boarf…
      A très vite !

      1. est ce que les insoumis ne répondent pas à certaines questions ? l’humain au cœur du débat, la lutte contre le système libéral qui finalement est responsable de ce que l’on vit….
        beau résumé de quelques années en chute libre !

        1. Sympa ta proposition Laplasse 😀
          Je me demande quel est l’avis de Madame Sourire ^^
          Les insoumis est de mon côté une alternative que j’ai envisagé après le discours de Toulouse. https://www.youtube.com/watch?v=DJ8hQ77nbw8
          C’est la seule personnalité politique qui a également eu le courage de faire un premier pas au sujet de l’industrialisation massive, de l’écologie et de la question animale dans le débat publique. En tout cas le discours était vraiment intéressant.
          Personnellement, j’ai envie d’y croire connaissant Mélanchon et son passif.
          <3
          *large sourire*

          1. Madame Sourire dit :

            Les propositions de Mélanchon sont intéressantes, mais il ne correspond pas à ma vision du féminisme et j’ai beaucoup de mal sur le personnage en général… Après je comprends parfaitement qu’il peut incarner un renouveau de la gauche. Je me laisse encore quelques mois pour y réfléchir.

          2. Sur Mélenchon lisez ce que j’ai écrit plus haut. Il es comme le traître Tsipras de Grèce (qui a fait une alliance militaire avec Israël, le seul pays au monde à part les USA), le traitre espagnol Pablo Iglesias de « Podemos » qui bien qu’il affirme n’être ni de droite ni de gauche les journalistes au service des marchés financiers le citent comme de gauche radicale pour mieux berner les électeurs qu’ils prennent pour des cons( e qui malheureusement est souvent le cas); Votez les insoumis et vive la CIA!

  7. Ton article est écris avec les tripes, ça se sent !
    Comme toi, je ne voterai plus pour le parti socialiste mais je ne voterai plus tout court. Et comme toi, je ne serai jamais responsable de la montée du FN. Les hommes politiques avec leurs calculs savants et ignobles pour sauver leurs intérêts et leur pouvoir le sont, pas moi.

    1. Madame Sourire dit :

      Merci beaucoup de ton commentaire ! Je savais bien que je n’étais pas seule à le penser…

  8. Un très bon article, qui rèsume bien mes pensées…

    1. Madame Sourire dit :

      Merci beaucoup ! 🙂

  9. Question évidemment complexe et donc intéressante. Cela fait quelques heures que je rumine la question pour essayer de dire quelque chose de pertinent pour quelqu’un qui s’intéresse depuis très récemment à la politique. Je vais donc surtout poser des questions, faute de vraiment pouvoir contribuer.
    Préambule : je vote écolo ou centre-droit par conviction, PS faute de mieux aux deuxièmes tours. Je ne vis plus en France, et j’aime le libéralisme économique, mais pas quand il est au détriment des droits humains. Je suis à mon compte. Je ne suis pas atterrée par la gauche comme peuvent l’être les gens qui vote PS par conviction.

    Il me semble que je vois énormément de désenchantement *chez les gens de mon âge* vis-à-vis du PS ces derniers temps, et je me demande pourquoi un tel écœurement. Est-ce que parce que nous sommes revenus de nos idéaux de jeunes diplômés, et qu’on a désormais vécu et voté assez longtemps pour voir que finalement, rien ne change réellement quel que soit le gouvernement ? Les scandales que tu évoques n’ont rien de nouveau et ne sont certainement pas l’apanage du PS. Il est évident qu’ils existaient déjà à la « grande époque » du PS. Les autres générations sont-elles passées par un tel désarroi à un moment ? Passe-t-on forcément pas un dégoût de la politique (ce qui n’excuse pas les scandales, loin de là – je rêve d’une classe politique intègre, mais est-ce seulement possible ?).

    Je vois surtout du désenchantement à gauche parce que c’est le gouvernement en place, bien que la droite soit un même panier de crabes – et je me demande si ce ne serait pas parce que les convaincus de la gauche croient davantage en l’État-Providence que les autres ? C’est peut-être là où le bât blesse : penser que l’État peut résoudre tous nos problèmes ? Il y a sûrement matière à débattre mais il me semble qu’on en attend trop de l’État. Ou pas forcément trop, mais pas sur les bonnes thématiques ? Je ne comprends pas pourquoi on attend de l’État qu’il intervienne dans certains conflits du secteur privé, par exemple. Certains reproches que tu adresses au PS ne dépendent d’ailleurs pas *que* du gouvernement. Le sexisme ordinaire et la culture du viol, ça dépasse un mandat de cinq ans ; même si on peut passer des lois dans le bon sens, c’est tout un tissu sexiste dans l’éducation et les médias dont il faudrait se dépêtrer. La même vaut pour le racisme, malheureusement.

    La montée du FN n’est certainement pas due à ceux qui ne vont pas voter – en revanche, la victoire du FN à différentes élections peut mathématiquement être imputable aux abstentionnistes. Personnellement j’ai un droit de vote partiel et j’entends bien m’en servir autant que je peux (présidentielles et européennes).

    1. Il manque un maillon dans votre raisonnement : l’Etat, c’est nous ! Oui, l’Etat doit intervenir, oui il doit résoudre, non pas « tous » nos problèmes, mais ceux que nous ne pouvons pas résoudre seuls : c’est pour cette tâche que nous l’avons élu, c’est pour cela que nous lui avons délégué notre souveraineté. Feriez-vous partie de ceux qui, par inconscience ou par calcul, considèrent que l’Etat est un personnage tiers ? Remplacez dans votre message le mot « Etat » par le mot « Peuple », et vous comprendrez…
      Après, que les politiques aient trahi la souveraineté que nous leur avons confiée est une autre histoire.

      1. Madame Sourire dit :

        Merci de votre leçon. J’étais perdue sans vous.

        1. Pardonnez-moi, je ne comprends pas à qui s’adresse votre réponse ? ma remarque était pour Audreyfavre bien sûr (on attend peut-être trop de l’Etat), non pour votre (excellent) billet.

  10. Je n’aurais pas pu dire mieux. J’avais tellement d’espoir en 2012, tellement que j’en ai pleuré de joie le soir des résultats. J’étais en famille, je m’en souviendrais toute ma vie. On était si heureux de voir son nom sur l’écran de télévision. Mais j’ai vite déchanté. Ce gouvernement n’a rien de social, comme tu dis il ne s’occupe pas des bonnes choses. L’éducation est oublié, tellement qu’ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que de prendre 30 millions d’euro sur le fond d’aide à l’insertion des personnes en situation de handicap pour payer des vigiles dans les universités. Je ne sais pas ce que ma France, celle des droits de l’homme et de la vraie laïcité va devenir. Cet été j’ai eu honte des choix de certains maires du sud, tellement pathétique. Je ne pense pas voter, je ne peux pas voter en toute conscience pour des gens comme eux. J’attends toujours celui qui gouvernera vraiment le pays, en pensant au peuple avant ses intérêts et son envie de pouvoir !

    1. Madame Sourire dit :

      Je me demande parfois si on en attend pas trop de la politique.. J’ai dû mal à avoir un avis là-dessus.
      En tout cas, cela confirme mon sentiment de ras-le-bol : je ne suis pas toute seule !

  11. Motherofdragons dit :

    Je partage exactement ton avis. Je suis prof et je ne voterai plus jamais PS.
    Merci pour tes mots, ta plume. Je m’abonne à ton blog.

    1. Madame Sourire dit :

      Merci beaucoup pour ton commentaire et ton abonnement ! A bientôt !

  12. Arrêtez d’avoir peur!!! c’est le virus de notre pays! Souvenez vous de nos ancêtres qui eux se sont battus pour la France , le droit de vote, et tous les droits que nous possédons encore à l’inverse de nombreux pays! Il est important de voter! Pour rester maître et non soumis! Personnellement je ne veux pas subir une politique mais la choisir comme il faut! Je ne cèderai pas à ce semblant de dictature que nous vivons actuellement, il ne faut pas baisser les bras mais agir, et vite!

    1. Madame Sourire dit :

      Bonjour,
      Je ne pense pas avoir écrit que je ne voterai pas… Vous sur-interprétez mon texte.
      Et je pense que je n’ai pas peur. Mais bon je vais suivre votre injonction.

    2. Voter est un devoir… Mais moi j’ai décidé de plus jamais voter CONTRE… Donc je voterai blanc au 2° tour

      1. Voter est un droit. Mais vous avez raison, voter contre est une aberration qui a elle seule révèle a quelle point les significations et les sens des mots se sont « perdus » en chemin.
        C’est d’ailleurs exactement la même chose pour le Parti Socialiste et la Gauche.
        A un moment, pour une grande quantité de raisons, le PS est devenu la définition de la gauche. En même temps il est resté considéré comme l’opposé de la « droite » peut être simplement parce-qu’il est un parti concurrent.
        Puisque le Ps a glissé (est tombé ?) largement a droite il n’y a plus de vraies différences entre une politique de gauche et de droite. Mais l’affect fait qu’on cherche a distinguer des différences entre les deux. Finalement, les plus grandes vagues de privatisations sont dues à Jospin et le recul le plus fort du droit du travail à Valls. Le PS a toujours fait ce que la droite ne se sentait pas capable de faire a cause de ce qu’elle pense représenter…
        Une autre façon de le démontrer est le cas Mélanchon (je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire). Cette homme est montré comme un extrème gauchiste (voir un stalinien, si si, j’entends ça souvent). Si on regarde les choses d’un point de vue « technique » (idées, plans, conceptions, etc), il a un discours purement et typiquement socialiste (l’idéologie donc, pas le partit). Le glissement du PS sur la droite l’a fait paraitre plus a gauche qu’il ne l’est réellement. J’aime faireréférence a son cas car un nombre impressionnant de gens de « gauche » au sens socialiste (réformiste, comme vous le disiez MmeSourire) se méfient de lui au plus haut point alors qu’il est justement ce qui se rapproche le plus de leurs idées. Cette constatation ne lasse pas de m’étonner.
        Après, bien sur, les idées changent et évoluent, mais dans le cadre de la notion de gauche on nage souvent (je ne pointe personne ici) en pleine schyzophrénie…

        En tout cas, c’est un article bien intéressant, bonne continuation a vous.

  13. Bravo pour votre engagement. Je partage tout ! J’avais déjà des doutes en 2012 et c’est mon fils de 14 ans en entendant le discours de Toulouse qui m’a dit  » vote pour lui », c’était François Hollande ! IL voyait de l’espoir, j’ai décidé de le suivre…Et voilà, la catastrophe ! Merci

    1. Madame Sourire dit :

      Ton fils va donc voter cette année… Il va falloir bien réfléchir !
      Bon courage à toi pour la suite et merci pour le commentaire !

  14. Et encore…je te trouve bien indulgente….
    N’ayant jamais voté PS, je ne peux pas trop comprendre ta désillusion vu que je n’adhère à aucune idée…
    En revanche, si j’ai bien compris, tu es prof… et tu ne parles pas de cette bonne idée de supprimer les classes bilingues… C’est une aberration, pour moi en tout cas…mais de savoir qu’elles sont supprimées partout en France (bon, sauf en Alsace)….sauf à PARIS CENTRE… je crois que c’est le summum de l’hypocrisie de cette caste… Tous les pauvres provinciaux n’ont plus accès aux classes bilingues, tellement élitistes aux yeux de nos dirigeants actuels, mais on garde ce petit privilège pour les enfants (de politiques? n’est ce pas Madame NVB) nantis qui grandissent dans les beaux quartiers.
    Alors si ce n’est pas le comble de l’hypocrisie que de faire une telle discrimination territoriale…. Je n’ai rien contre les parisiens évidemment, mais contre cette décision que je trouve tout, sauf égalitaire.
    Et ça…les journalistes se gardent bien d’en parler.

  15. Juste bravo.
    Juste « onpenseexactementlamêmechose »
    Juste « onestmalbarré »

  16. J’ai toujours voté à gauche, et j’ai décidé d’arrêter de voter PS au 1° tour depuis les premieres dérives liberticides prises par Jospin.
    Je fais parti des gens qui ont pleuré en glissant le bulletin de Chirac dans une urne un 22 avril…
    J’ai voté sans guère d’espoir pour Hollande en 2012… Surtout parceque j’en avais marre de l’insupportable voyou qui retrouvera l’elysee en mai prochain.
    Ce qui m’a impressionné, ce fut l’amateurisme le plus total du debut de mandat… Avec une hallucination chaque jour… Des types au pouvoir depuis 30 ans dejà … Dans l’opposition depuis 10 ans… Et qui une fois élu, se demande bien ce qu’ils vont faire et comment…

    Et puis, la mascarade sociétale, ce genre de réforme qui en plus ne coute rien à personne… Une petite avancée mais rien sur l’homoparentalite, rien sur le suicide assisté… Rien sur le recipicé de controle au faciès …
    Et puis la dérive sécuritaire, insupportable. Les lois liberticides se sont multipliées.
    Et puis la grande confusion entre solidarité imposée et racket non consenti. Entre emploi que décidé le marché et les clients et l’interventionnisme hors sol, a l’image d’une préoccupation sur Alstom , un cas pourtant prevu et annoncé depuis longtemps, et sans licenciement.

    J’ai décidé de voter pour un candidat qui recueillerai un minimum mon adhésion : politique et moral. Pour un candidat qui rendrait un peu de liberté aux citoyens, aux entreprises, aux communes…

    Autant dire que je ne vois aucun candidat pour qui voter aujourdhui. Je vais voter blanc.

    Tu as raison de dire que nous sommes des milliers, des dizaines de milliers à penser comme toi.
    Jolie lettre …
    PS : n’attends pas de reponse, les traiter d’autistes serait insultant pour nos concitoyens malades bien involontairement

  17. Je ne suis pas socialiste et je ne l’ai jamais été. J’admets compatir avec ton article.

    Je t’écris ces quelques phrases de ma propre réflexion, non pas pour t’attrister, mais en espérant t’éclairer et te permettre de réfléchir sous un autre angle.

    Ce que tu évoques est pour moi révélant d’un mensonge évidement non assumé d’une partie de ce sinistre parti. Ce mensonge ne me semble pas nouveau.

    Comme je suis en train de regarder un peu l’histoire de notre pays (enfin j’espère) je constate les choses suivantes :

    Un bout de ce parti s’inscrit dans l’histoire. Il a changé de nom suivant les périodes. Avant c’était la sfio, encore avant les jacobins et encore avant les lumières (mêmes si ces derniers sont présentés comme étant la base idéologique)

    Maintenant, si on reprend les choses dans l’ordre :
    – Quelle était la vision anthropologique des lumières ? Diderot, Voltaire étaient en fait macho, Voltaire vivait de la traite des nègres etc… Voire les ouvrages de l’historien Xavier Martin à ce sujet.
    – Tu noteras la « déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen » (sous-entendu : droits de l’homme, pas de la femme ! Ni à ceux qui refusent le pacte social)
    – Jean-Baptiste Carrier (grosso modo, un des premiers préfets de la révolution) est en fait l’inventeur des camps d’extermination (cf les noyades de Nantes pour ceux qui ont refusé le pacte social)
    – Ce dernier fût lâché à la guillotine avec la courtoisie légendaire de ce parti.
    – La loi Le Chapelier qui interdit les corporations (certes il y a à redire, mais de là à jeter le bain, l’eau du bain, et le bébé avec, il y a de la marge) et les réunions professionnelles. Donc les ouvriers étaient passibles de prison s’ils se réunissaient pour demander collectivement un traitement humain par exemple dans les mines.
    – Du coup tu te retrouves dans la même position que Zola qui écrit « Germinal ».
    – En 1872, suite à une guerre pitoyable, le clergé a mis en place un système d’écoles communales, ou les plus indigents (terme de l’époque) étaient dispensés du paiement des frais de scolarité. Pourquoi penses-tu dans ces conditions que Jules Ferry a nationalisé ce truc ?
    – En 1936 le front populaire, sous la pression des communistes, a créé les congés payés. Là, effectivement j’ai pas mal de manques à la compréhension, parce que c’est plutôt justice)
    – En 1981, Mitterrand trucide l’école ascenseur social sur l’argument fallacieux du chômage. Il a en effet fait donner le bac à 80% de la population. Mais là, je pense que c’est un sujet que tu maîtrise beaucoup mieux que moi….
    – En 2013, François Hollande profite du mariage pour tous pour cliver la société (cool comme socialiste !). C’est aussi pour casser l’autorité du maire (il est réduit à un fonctionnaire qui notifie un acte). C’est aussi pour casser la famille (tu sais qu’il y a adoption plénière pour les couples homos, cad que sur les papiers des enfants il est écrit « fils de X et Y » alors qu’ils sont adoptés. C’est aussi pour inverser les droits des enfants en droit à l’enfant.
    – En 2014, Macron re-libéralise le pays pour casser du syndicat. (Même s’il faut l’admettre : il n’est plus très vaillant)
    – En 2015, El Khomri s’attaque à ce qui reste d’autorité des syndicats de salariés.

    Mais à quel moment est ce que les socialistes dans l’histoire ont essayé de favoriser les corps intermédiaires qui sont censés défendre et protéger les gens ? N’ont-ils pas un peu le projet ‘google’ dans la tête (à savoir : Un état face à des citoyens sans défenses) ? N’est-ce pas finalement un parti de bourgeois contre toutes attentes ?

    Pour finir, je me demande si tu as seulement été socialiste ? Peut-être que le centre gauche n’existe pas ? Peut-être est tu une communiste qui s’ignore ? Je ne sais pas, je te laisse réfléchir.

    En espérant t’avoir apporté des réflexions politiques.

    1. OK à part le petit délire sur l’adoption plénière. Elle n’est pas plus mensongère dans le cas de l’adoption par un couple homo que par un couple hétéro. Ne doit-on pas au contraire se réjouir de la possibilité étendue d’offrir un foyer aimant à des enfants que le sort maltraite ? Je ne vois pas le rapport avec le fait de « casser la famille » et le prétendu « droit de/à l’enfant »… Les procès d’intention et le conformisme ne font pas un projet de société.

  18. J’ai beaucoup aimé cet article, et l’expression de votre colère envers ce parti qui nous a trahi.
    Par contre, en conclure « Je vais partir, je ne serais pas responsable de la montée du FN, je ne vote pas FN. Arrête de me dire que c’est de ma faute si les français votent FN. Les seuls responsables, c’est toi et toi seul. Toi et toute la classe politique. », là non.
    En vrai, je préférerai mille fois voter encore PS plutôt de de laisser Sarkozy ou Le Pen arriver au pouvoir.
    Parce que c’est un peu un privilège de pouvoir se dire « moi je ne vais plus voter PS dans tous les cas, même pour en empêcher d’autres « pire » d’atteindre l’Elysée.
    Tous ceux (racisés et classes populaire en première ligne) qui vont subir la haine et la perte de droits si l’un de ces deux là se pointe au pouvoir.
    Ça me terrifie.
    Alors oui le PS nous a trahi, mais moins que d’autres, et même si ça me tue de voter « moins pire », je le ferais quand même pour ceux qui subiraient le pire au cas où le FN ou sarko passeraient

  19. C’est en pariant que la majorité des électeurs de 2012 voteront PS quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse, comme Marie, que ce gouvernement et ce parti continueront à faire la même politique avec un total cynisme ! Faire peur à Marie, à des millions de Marie, avec LR et le FN, c’est leur seul projet politique…

    Alors, il y a des mois que j’ai pris ma décision, sans hésitations, sans retour possible et sans le moindre doute (j’ai eu quatre ans pour y songer). Désormais, je ne voterai plus jamais contre, ou pour éviter pire. En fait, c’est continuer à reconduire les Hollande, Sarkozy, Juppé, ou autres banquiers d’affaires, qui conduit des gens qui n’étaient pas tous odieux à voter FN. Loin d’affaiblir l’extrême-droite, le vote PS la renforce année après année. Quand la majorité ne pourra plus supporter de voter pour ces gens-là, de continuer ce système irrécupérable, le basculement se fera. Très vite, comme une fuite en avant.

    En 2012, j’ai voté pour Hollande au second tour. Mais en 2017, si le PS le reconduisait, ça voudrait dire que nous en reprendrions pour cinq ans ! Alors, j’espère un sursaut au 1er tour des électeurs de gauche pour m’empêcher de devoir voter blanc au second.

    Pour ma part, au 1er tour, en 2017, je voterai pour M. Mélenchon, socialiste finalement très modéré (qu’il semble radical montre où nous en sommes !) qui a su intégrer la réflexion écologique, et qui a eu le grand mérite de nous avoir avertis. Hollande et ses proches, jamais plus !

  20. Pourquoi je vais continuer à voter socialiste.

    Chère madame.
    Je ne vous connais pas.
    Le hasard du Net m’a conduit à vos écrits et le titre a attiré mon attention. J’ai lu ce texte, semblable comme tant d’autres en ces temps troublés d’inquiétudes et de déceptions. Je ne saurais dire pourquoi j’ai décidé de vous répondre à vous et pas d’autre. Peut-être aurais-je dû le faire pour ces autres avant mais il est inutile de pleurer sur le lait renversé et mieux vaut commencer le trajet tard que pas du tout.

    Vous avez décidé de ne plus voter socialiste. Le vote est un droit, non une obligation, si ce n’est moral. Le destinataire de ce vote vous est libre et personnel, ce n’est pas à moi de vous dire pour qui voter ou ne pas voter.

    Même si j’estime que ne plus voter socialiste est une erreur majeure pour différentes raisons.

    Vous êtes née dans une famille de gauche à vous lire. Ce qui vous rend plus sensible à ce courant politique. Plus demandeuse, plus exigeante aussi, je le comprends bien, c’est aussi mon cas.

    Votre désarroi, à vous lire, vient, à ce que je comprends, à ce que vous vous êtes pris ce que j’ai coutume d’appeler le « grand mur en parpaing » de la vie. De pleine face et en pleine vitesse.

    Cela fait mal. J’ai eu aussi l’occasion de connaître son baiser rugueux mais loin de me dégouter de la politique, ce contact m’a ouvert les yeux et fait apprendre plus rapidement que jamais la réalité des choses.

    Vous attendiez beaucoup du mandat de Hollande. Moi aussi. Vous en êtes déçue. Je le suis un peu aussi car j’estime qu’il a commis des erreurs, des fautes, pris de mauvaises décisions mais en regardant les choses avec le recul, j’estime aussi qu’il a fait au mieux avec ce qu’il avait. Et en comparant plus avant avec les mandats précédents de Sarkozy et Chirac, je dois dire qu’il a plutôt fait du bon travail.

    Vous vous faisiez aussi une fausse image de la politique. Beaucoup de gens font cette erreur. Croire que les politiques sont là pour régler leurs problèmes. Non. Ce n’est pas le cas. Un président, un maire ou un député, ce ne sont pas des assistants sociaux. Ni des conseillers Pôle Emploi ou des infirmiers.

    Nous vivons dans une société structurée, organisée et complexe. Leur rôle, c’est de la gérer. De l’organiser, de la réformer s’il le faut, afin que nous, citoyens et habitants, puissions l’habiter et l’utiliser pour couvrir nos besoins élémentaires et accomplir nos ambitions, pour nous mêmes et les autres. Pas de remplir nos demandes d’allocations à notre place. Leur mission, c’est de favoriser le plus grand nombre, selon leurs visions, leurs théories . Pas de se concentrer sur les besoins et envies d’une personne. Cela, c’est de l’électoralisme, de la corruption.

    Les politiques ne défendent pas leurs intérêts. Mais ceux du plus grand nombre. La seule exception porterait sur les postes électifs ou là en effet, ils défendent leurs places. Mais tout le monde le fait. Quand un salarié comprends que le stagiaire est plus doué que lui, il ne reste pas inactif et il commence à batailler pour ne pas se faire remplacer. C’est naturel, non ? La seule différence est que les médias nous tiennent au courant de ces manoeuvres, uniquement dans le champ politique alors que nous faisons tous cela si besoin est, sans que BFM n’en fasse ses titres.

    Vous reprochez les frasques des ministres. Leurs délits parfois. C’est normal. Mais il ne faut pas confondre les fautes de certains avec le comportement global des autres. Ce n’est pas parce que vous avez collé deux élèves en retenue de façon régulière dans l’année que toute votre classe est pourrie. Ces ministres, ils se sont mal comportés, certes.

    Mais ils ont été pris. Ils vont faire face aux conséquences judiciaires, en public, comme il se doit.

    Dois-je vous rappeler les scandales passés de la droite dont les journaux regorgeaient, et qui s’achevaient tous en acquittements rendus en Juillet ? Ou dont les dossier étaient purement enterrés par des procureurs aux ordres du Pouvoir ?

    Ce temps est fini. Et c’est à Hollande qu’on le doit. Hier, Sarkozy a déclaré que tout ministre mis en examen resterait au pouvoir. N’est-ce pas un formidable retour en arrière ? Vous voulez cautionner cela en restant chez vous ?

    Moi je vais continuer à les soutenir. Pour cela. Parce qu’ils avaient promis de changer les choses sur ce plan et ils l’ont fait. Ils n’ont pas été capables de déceler les brebis galeuses de leurs rangs, certes, mais vous-même, êtes-vous capable de voir dans vos classes ceux qui de façon certaine feront des conneries plus tard ?

    Je parie que non.

    Vous parlez ensuite de votre quotidien. De façon vague. Je ne le connais pas, je m’abstiendrai de juger. Je dirai juste que vous avez raison de vous dire que la jeune fille noire du 93 aura plus de mal dans la vie que d’autres. C’est injuste. Mais ce n’est pas du fait des socialistes. Elle aura plus de difficultés pour son éducation, pour sa vie sociale, et peut-être sentimentale, encore que sur ce dernier point, c’est plus un problème personnel que social.

    La raison en est simple : nous ne sommes pas égaux. Nous sommes d’âges différents. Nos allures sont différentes. Nos capacités physiques sont différentes. Nos capacités mentales et intellectuelles ne sont pas identiques. Il y a la part de la génétique, mais aussi de l’éducation familiale, et surtout de nos propres décisions. Nos vies seront différentes selon que nous choisirons de fréquenter les bibliothèques plutôt que les marches des escaliers d’immeubles. Aussi, nous n’avons pas les mêmes accès aux informations.

    Mais c’est également le lot des adolescents des campagnes. Le territoire est inégal, les ressources sont mal réparties. Mais il n’existe aucune restriction pour votre exemple, si ce n’est le manque d’information, ou la désinformation.

    Si elle en a les capacités, elle pourra intégrer les grandes écoles parisiennes. Saviez-vous que Science-Po, voie royale pour le service de l’ Etat et des grandes entreprises internationales, ne fait pas payer les frais d’admissions des postulants qui réussissent le concours d’entrée s’ils sont éligibles aux bourses scolaires ? Une économie de 40 000 euros ou presque, ce n’est pas rien !

    Mais cela dépendra de ses capacités, de ses choix aussi, de ses ambitions et de ses envies. Aucun gouvernement ne peut être tenu pour responsable de cela.

    Il y a d’autres choses mais je garderai cela pour plus tard. J’essaye d’éviter les gros pavés, cela fait ressortir mon coté donneur de leçons.

    Je terminerai juste en aidant que si.

    En ne votant plus, socialiste ou pas, vous favoriserez le vote FN.

    Le système est simple : est élu celui ou celle qui remporte le plus de suffrages. Si vous n’apportez pas votre voix à votre favori ou, plus certainement, celui ou celle qui sera le moins pire à vous lire, vous laissez le choix se faire par l’électeur FN.

    Le vote FN n’est pas si haut que cela quand on regarde bien : le vrai premier parti de France, ce n’est pas le FN, c’est l’abstention.

    Une abstention basse, en faveur du PC, du PS, de l’ UMP ou du centre, peu importe, et le taux du FN est bas. Loin des 25 % dont se gargarise la blonde dans les médias.

    Vous ne gagnerez pas votre guerre en renonçant à votre munition. Le conflit est gagné par ceux qui auront fait usage de leurs balles.

    Pensez à cela.

    1. Madame Sourire dit :

      Je pensais ne pas valider votre commentaire tellement il est donneur de leçons.
      Mais vous parlez d’une de mes élèves, et cela me révolte encore plus. Qui a dit que cette élève était pauvre ? Vous pensez que parce qu’elle est noire, elle est pauvre et qu’elle traîne dans les cages d’escaliers ? Vous pensez sérieusement que la seule voie pour réussir est Science Po ? Vraiment ? Si c’est le cas, Monsieur, je crois que je n’ai aucune leçon à recevoir sur mon quotidien et sur mon engagement auprès de mes élèves.
      Le gouvernement a proposé la déchéance de nationalité, le gouvernement a fait voter la loi travail, le gouvernement a fait passé la loi collège sans aucun moyen supplémentaire, le gouvernement a fait des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises tout en oubliant les plus petites, le gouvernement laisse un premier ministre insulter une partie de la France sans aucun problème.
      Monsieur, si vous continuez de voter socialiste, c’est que vos idéaux sont bien loin et que vous vous êtes doucement transformés en donneur de leçons.
      Je vous souhaite une bonne journée

      1. « Quand une élève me demande si elle a les mêmes chances que tout le monde parce que sa peau est noire et qu’elle habite Saint-Denis, j’ai dû mal à répondre « Oui », parce que figure toi, que non, elle n’a pas les mêmes chances. » . Je n’ai non plus dit qu’elle était pauvre. Mais en Seine Saint-Denis, les probabilités qu’elle le soit est plus grande qu’ailleurs, vous en conviendrez. Si vous me relisez, vous verrez aussi que je n’ai jamais dit qu’elle trainait dans les cages d’escaliers.

        Quand je marque  » Nos vies seront différentes selon que nous choisirons de fréquenter les bibliothèques plutôt que les marches des escaliers d’immeubles. », c’est un simple constat. Vous êtes sans doute bien placée pour le voir et le savoir aussi. Certains se battront et d’autres baisseront les bras avant même de commencer. Cela arrive partout, sans rapport avec l’origine.

        Quand à Science-Po, je ne comprends pas que vous ne compreniez pas qu’il ne s’agit que d’un exemple. Les voies d’accès aux hautes études sont souvent plus compliquées pour les élèves des banlieues avant tout par manque d’information et par découragement des adultes aussi. Mais elles existent. Et elles sont utilisées. Sans doute pas assez, mais c’est aussi de la responsabilité de l’enseignant que de repérer l’élève prometteur et de le guider sur les meilleures voies.

        Vous critiquez des décisions gouvernementales. C’est votre choix et votre droit, je n’ai pas à revenir là dessus.

        Vous dites être déçue du socialisme. Mais je me permet de vous demander cela. Vous avez grandi dans un milieu de gauche. Pareil pour moi.

        Mais est-ce que vous vous êtes interrogée sur ce qu’était le socialisme ?

        A vous lire, le peu que je vois me fait penser que vous êtes idéaliste. Ce peut-être un pré-requis
        , mais ce n’est pas du socialisme.

        Y avez vous songé ?

  21. Chère Marie C,

    Il est très bien ton courrier au « parti socialiste », je suis totalement d’accord avec toi, je pourrai même en rajouter…
    Sauf qu’il y a un malentendu. D’ailleurs, comme toi, comme moi,nous sommes des millions à ne pas l’avoir compris.
    Fils et petit fils d’ouvriers, c’était un honneur que d’être socialiste et ça l’est toujours… sauf que des ESCROS, des USURPATEURS nous ont volé le mot « socialiste » ! ils l’ont mis derrière le mot « parti », un autre escroc l’avait mis derrière le mot « national »… rien à voir, mais une trahison tout de même…
    —————————————————-
    « Le socialisme est un système économique qui prône la justice sociale et la répartition des richesses et de la production à l’État ou aux ouvriers. Ce système vise à réduire les inégalités sociales, et à l’opposé du libéralisme, favorise l’intérêt général et non pas l’intérêt particulier. »
    —————————————————-
    Et aujourd’hui, les véritables socialistes les seuls dignes et habilités à porter ce nom, sont appelés « frondeurs » ou « la gauche de la gauche » !

    Réveillez-vous !

  22. A lire les commentaires, je m’inquiète. Si je partage totalement l’analyse de ce texte, la chose la plus dangereuse qui soit serait bien de céder au « puisque c’est ainsi, je ne vote plus »
    Car les électeurs F Haine, eux, vont se déplacer.
    Alors sortons de la déprime et faisons comme Sisyphe.
    Poussons notre rocher, apportons notre pierre pour une alternative, vraie, de gauche.
    2coutons les programmes des uns et des autres et agissons.
    Je trouve que la situation dans laquelle nous sommes ne nous laisse pas le choix.
    L’engagement et la prise de responsabilité. Sûrement pas la politique – suicidaire – de l’autruche !

    1. Madame Sourire dit :

      Je suis d’accord avec vous. Je suis en train de réfléchir à tout cela. Mais en effet, dire don énervement, ce n’est pas voté FN ou ne plus voter. Je vais voter. Mais je suis tellement perdue. Comme tellement de personnes !
      Il faut y réfléchir rapidement.

      1. Déjà en 2012, l’unique programme de Hollande et du PS , c’etait « tout sauf Sarkozy »… et cela s’est vu, tant ils auront fait preuve d’une impréparation et d’un amateurisme inimaginables.

        Et je l’ai fait, avec bien peu d’espoir, sauf peut être sur les lois sociétales… Meme ça ils n’ont pas été capable de faire proprement.

        Regardez les cocus de la region PACA… et vous voudriez voter sarko pour éviter le pen ?

        Moi, j’ai fait barrage en 2002…
        Moi, j’ai voté contre Sarkozy en 2007 et en 2012… et j’ai pas vu la différence… la meme morgue

  23. J’ai grandi en lisant la revue « Vendredi » du PS, le PS faisait parti de la famille. Je ne le reconnais plus, idéologiquement il est à genoux, il ne propose plus rien, il se contente de gérer les carrières de ses élus. À dégoûter de la politique. Merci pour ton billet, la justesse du ton reflète l’amertume de beaucoup

  24. je ne connaissais pas ce blog. je le découvre sous des atours pour le moins convaincants, sensible que je suis à ce thème de la désillusion, à gauche. Je ne suis pas socialiste, ne l’ai jamais été, du moins dans le sens institutionnel (originel, bien sûr, il me parle fortement) de ce parti là, pour lequel j’ai conçu tout particulièrement un néologisme qui s’applique à lui à présent comme un gant, au vu des discours de cette « aile droite du ps qui a conquis toute la visibilité et les postes stratégiques dans ce parti, ce pathétique et misérable courant Valls et consorts. Des réformistes si droitiers qu’ils dépassent parfois sur leur aile droite l’UDI, c’est dire…. et qui manifestement nourrissent à juste titre ton amertume et ton rejet, Madame Sourire… Tu n’es pas seule; mon propre fils, au PS, en est écœuré, lui qui soutient les mêmes idées que moi, globalement… Il parle d’OPA des vallsistes sur le ps, et la tournure des événements ne peut lui donner tort. Ni ce que tu écris ici. Maintenant que je t’ai découverte, je vais te lire. Les blogs de qualité, sur le registre politique, manquent un peu. Il y en eut beaucoup à une certaine époque, mais depuis que j’ai lancé le mien, en 2008, ceux que j’ai connus alors ont pour laa plupart disparu, et nous comptons sur le bout des doigts… Dommage. la qualité du débat s’en ressent, par delà les clivages permanents. Nous ne sommes en effet pas tout à fait de la même famille politique… quoique. je suivrai donc de près le fruit de tes hésitations… (Post-scriptum ; j’ai bien noté que ton blog n’était pas que politique, mais féministe aussi, deuxième raison de te suivre…).

  25. Pourquoi se lamenter sur son sort, fallait être sacrement crédule pour croire à Hollande et à sa clique alors que les voyants sont au rouge depuis longtemps rue Solfé ! Le combat continue et ne pas voter ne va aider personne. Vous avez un train de retard. Si vous voulez un programme à gauche Jean Luc Melenchon l’offre depuis 2012. Il se positionne même sur la parité.
    J’ai franchement du mal à comprendre comment les deçus de la gauche peuvent dire qu’ils ne savent plus pour qui voter. Des alternatives réalistes il n’y en a pas d’autre. Peut être la peur infantile d’être trahis une deuxieme fois. Du coup on ne fait plus rien… Ou un restant de brainwashing de l’epoque ou ils etaient encore sous l’emprise du gourou.

    1. Madame Sourire dit :

      Ou alors on peut aussi ne pas être convaincue. Ce n’est pas seulement la question de la parité. Désolée mais le féminisme ne se résume pas à cela.
      Ce qui est bien quand on me dit quelle voie je dois prendre, c’est que je m’en méfie encore plus. Au lieu de me dire que je ne comprends rien, peut être que vous pourriez me donner envie ?

      1. @françois en te lisant je me souviens pourquoi je m’en suis éloigné, de Méluche, moi qui l’ai tant soutenu pendant la dernière présidentielle sur les réseaux sociaux… Il n’y a pas que le féminisme, en effet. pour ma part, c’est surtout une certaine complaisance avec le complotisme, et des appels du pied de plus en plus visibles même par les siens envers le FN, et un discours qui s’éloigne des fondamentaux de gauche sur le nationalisme, lepatriotisme, l’immigration… Cela en inquiète plus d’un an, même dans ton camp, où j’ai encore des ami(e)s….

        1. GDEC, faudrait un peu ettayer. Complotiste et FN, Melenchon ??
          Bon c’est sans doute pas l’endroit, je réagit juste ici parce que je suis tombé sur cet article par l’intermediaire de Rezo.net.
          Je vais pas chercher à convraincre, mais faut arreter de lire certains menteurs professionnels style Val ou Fourest et tout ces « analystes » qui ne sont là que pour vous faire voter dans le sens qui arrange ceux qui financent les campagnes électorales et detiennent les medias.
          Si vous pensez que je suis deja dans le complotisme en disant cela, c’est sans espoir.

      2. J’ai dit qu’il propose MEME la parité, c’est evidement un point de detail par rapport au reste du programme. Vous avez le droit de ne pas être convaincue, mais comment avez vous pu l’être en 2012 par hollande ?

  26. Cuicuix De Mars dit :

    A chaque élection je me lance dans la vente de vaseline et autres lubrifiants, bizarrement quels que soient les résultats antérieurs je n’ai pas beaucoup de succès … Pourtant je suis sûr de percevoir clairement, à chaque élection, une sodomie profonde (et pas seulement verbale).
    On ne peut pas lutter … je fais ça tous les jours.

  27. Chère Marie.C
    J’apprécie votre article, je suis content que vous commenciez à ouvrir les yeux au sujet du PS.
    Maintenant il serait judicieux de votre part de comprendre ce qui est arrivé. Le PS n’est pas devenu ce qu’il est aujourd’hui par hasard.
    Cela fait longtemps qu’il dérive à droite (Michel Onfray affirme que le PS n’est plus de gauche depuis 1983, ce qui se défend comme idée)
    Je regrette aussi que votre article reflète un sentiment de « tous pourris », ce qui est faux, et que beaucoup en vous lisant peuvent conclure que l’abstention est la seule réponse qui reste, ce qui est faux également.
    Mais encore faut-il comprendre que la politique ne se résume pas à quelques têtes d’affiches.
    Vous votiez par tradition si j’ai bien compris, et maintenant vos valeurs ne se retrouvent plus dans votre vote.
    Et bien il est temps pour vous de penser à un nouvel horizon politique.
    Je pense que pour voter correctement, encore faut-il avoir une vision historique et des valeurs.
    Le progrès social, l’école gratuite, laïque et obligatoire, le droit de gréve et de se syndiquer, les réductions de temps de travail, les congés payés, la retraite, le programme du CNR « les jours heureux », la sécurité sociale, les radios libres, la dépénalisation de l’homosexualité, le Pacs, le RMI, la CMU, la parité hommes-femmes,
    etc… Tout cela nous le devons à la gauche. La droite a tout fait pour
    les empêcher, et ne s’en est jamais excusé.
    Et la gauche a pu faire ce que j’ai cité car elle en a eu les moyens démocratiques, (et ce n’était pas qu’à travers les élections présidentielles, il y a bien d’autres types d’élections qui permettent de faire pression, mais il faut aussi sa carte d’électeur…)

    Même si aujourd’hui, le PS ne se retrouve absolument pas dans les valeurs de gauche, il y a d’autres partis qui en sont les héritiers.

    Car nous sommes loin de n’avoir que 2 partis en France !
    Même si l’essentiel du cirque médiatique fait tout pour ériger UMP et PS comme les seuls partis d’alternance, au point qu’ils deviennent en effet « UMPS ».
    Mais pour contrer le F-Haine, il y a d’autres alternatives !
    L’abstention ne fait que perdurer cette situation cadenassée entre UMPS et FN.
    Fustiger le PS c’est bien beau, souhaiter qu’il change aussi, mais il serait très étonnant qu’il change.

    Vous avez voté « OUI » au referendum de 2005 si j’ai bien compris.
    Et bien sachez que c’est une clé pour comprendre ce qui arrive au PS.
    le PS appelait à voter oui au referendum de 2005, pour se soumettre à l’U.E. et imposer l’austérité et les privatisations que l’on connait.

    La politique actuelle du PS découle des décisions qui ont été prises à l’époque.
    Ce qui a au moins le mérite d’être clair maintenant qu’il est au pouvoir :
    Le parti socialiste n’a plus rien de socialiste, ni rien de gauche ( je précise, vu qu’à cause du PS cela ne veut plus dire grand chose, la gauche c’est la solidarité, le progrès social, la lutte contre la finance…) .
    Aujourd’hui, le PS est bien marqué à droite (austérité, saccage du public, pour l’économie ultra libérale, la casse du code du travail etc…)
    Ce gouvernement PS qui d’une part se met à plat ventre devant le MEDEF, et d’autre part criminalise des syndiqués qui défendent leur travail. Leur ami, c’est la finance, leur ennemi, c’est le peuple.
    D’ailleurs je pense que le symbole le plus fort de ce quinquennat, c’est que pour le PS actuel les chemises des nantis valent plus que la peau des prolétaires.

    De tout cela, des personnalités de la « vraie » gauche nous avaient bien mis en garde, surtout sur le fait que la soumission à l’U.E. empêcherait toute politique sociale en France.

    Si vous êtes sincèrement de gauche, je vous le dis, il y a autre chose que ces pseudos socialistes dont il n’y a plus rien à attendre.

  28. Bien mieux écrit que je ne l’aurais fait. Nous sommes effectivement nombreux dans ce cas. Seule certitude j’irai voter. Et pas pour Marine. Jamais.

  29. Eh oui, il y a du monde sur cette ligne-là… Merci de l’avoir écrit aussi clairement.
    J’ai voté Hollande au second tour, je n’ai jamais cru en ce type qui ne sait faire que de la politique, au sens le plus étroit du terme. Je n’étais même pas sûr que ça nous éviterait les débats sans fin sur le voile, vu que Hollande secrétaire général du PS avait déjà fait la courte échelle à Chirac pour nous pourrir la vie avec « la laïcité » en version « nous et les Arabes qui vivent chez nous ». Je me disais que pour la politique sociale et économique, il ne ferait sans doute pas grand chose d’original, car lui et ses copains du PS sont des gros fainéants conformistes qui depuis des années ne perdent plus leur temps à réfléchir ou à élaborer un programme sérieux et efficace au cas où ils gagneraient les élections. Son topo sur « les jeunes  » était pathétique de ringardise, sans parler de l’éternel tournant du numérique dans les écoles etc. Et puis le nucléaire, Pépère croit encore que c’est le progrès…
    Bref, comme on dit je n’attendais pas grand chose et pourtant j’ai été déçu, ou plutôt écoeuré. Politique économique libérale, absence du moindre début d’esquisse d’une démocratie un peu participative, amateurisme et vase clos technocratique, exploitation cynique du racisme ambiant, contrats d’armement et virilité pathétique du « chef de guerre » …
    Il ne reste rien qui puisse m’amener à me résigner tant bien que mal à voter pour ces gens. Et ils croient pourtant qu’on sera obligés de le faire, ils croisent les doigts pour se retrouver face à Sarkozy au premier tour pour que nous autres, les fidèles de la gauche, soyons obligés de contrer l’abruti dangereux de droite en votant pour le crétin du PS. Mais avec ou sans moi, ils ne passeront pas le premier tour, ils ne le méritent pas de toute façon. Et je voterai pour celui ou celle qui sera le plus proche de mes convictions, pour une démocratie participative, une vraie révolution écologique, la fin du racisme d’Etat, entre autres. Ce ne sera pas Mélenchon, je n’aime pas le jacobinisme autoritaire, même peint en rouge et vert. On verra bien, mais le PS, ça fait déjà plusieurs élections – « intermédiaires » comme on dit au pays de la monarchie présidentielle – qu’il n’a plus eu ma voix.

  30. Bien, très bien ce coup de gueule 😉

    Moi même, après avoir été « de gauche » durant plus de trente ans, j’ai enfin compris et décidé de ne pas aller voter.

    1. Comme je l’écrivais plus haut : A lire les commentaires, je m’inquiète. Si je partage totalement l’analyse de ce texte, la chose la plus dangereuse qui soit serait bien de céder au « puisque c’est ainsi, je ne vote plus »
      Car les électeurs F Haine, eux, vont se déplacer.
      Alors sortons de la déprime et faisons comme Sisyphe.
      Poussons notre rocher, apportons notre pierre pour une alternative, vraie, de gauche.
      2coutons les programmes des uns et des autres et agissons.
      Je trouve que la situation dans laquelle nous sommes ne nous laisse pas le choix.
      L’engagement et la prise de responsabilité. Sûrement pas la politique – suicidaire – de l’autruche !

  31. Roland, mon ‘tit pépère, tu te disperses …

  32. Au second tour au moins, il y a une forte probabilité que je vote aussi, mais BLANC.

    Pour dire que le choix ne me convient pas, que nous avons un non-choix, que j’ai fini de voter par défaut, que je ne veux plus d’un programme qui consiste juste à éliminer l’autre, que l’argument devenu trop facile du « tout sauf » ça ne marchera plus..

  33. Tout d’abord, bravo pour ce post qui résume bien la honte, la méfiance, et l’envie de ruer dans les brancards que suggère désormais le PS.
    La suite et les commentaires me laissent par contre dubitatifs.
    Il y a un moyen de jeter un pavé dans la mare, de secouer la politique professionnelle de tous bords : il y a un parti qui propose justement des non professionnels…
    Quand certains seraient prêts a laisser la bride a « l’affaire familiale » le pen (ce n’est rien d’autre qu’une PME de parvenus , pour l’instant ), il y a tout de mème des partis qui risquent d’avoir leurs 500 signatures et d’avoir le droit de se présenter a ces élections « démocratiques ».
    Pour ma part, je pense que si le NPA, par exemple avait la moindre chance conséquente de faire un gros score au premier tour, ce serait déjà une prise de conscience pour la « profession » de ces mange-merde qui squattent de manière nauséabonde nos sondages, écrans, journaux et j’en passe.
    Être dégoutée, c’est bien, choisir une alternative (avoir le « courage » de le faire,Tsss, vous vous êtes déjà lamentablement trompée, vous risquez quoi de plus ? L’idée de voir agir les gars de la marine n’est pas suffisante ? Que vous faut-il ? )c’est mieux, la frilosité exprimée en mème temps que ce dégout du PS, c’est bien ce qui me fait peur, a moi…
    Voter blanc n’a jamais rien apporté a qui que ce soit, tant que les votes blancs ainsi que l’abstention ne sont pas comptabilisés, ça ne sert a strictement rien.
    Si on compte ces deux éléments, les partis majoritaires ne représentent qu’une minorité : 40% d’abstention =60% des votants et 31% pour faire une majorité…
    C’est incroyable que personne ne se rende compte qu’une minorité gouverne le pays et que l’on continue a parler de « démocratie »…
    Le FN n’est pas un problème pour les dirigeants de ce pays, soumis a l' »ennemi », la spéculation financière selon holland, lui-mème, mais ça c’était avant;;; (non, pas de majuscule !!!).
    Que le « peuple » ou ce qu’il en reste, vote pour des non-professionnels, ça c’est interpelant et s’ils pouvaient être élus, ce serait carrément discriminant !
    On entre là dans le domaine d’un rêve irréel: votre dégout ne semble pas assez prononcé pour lui donner corps, hélas, hélas, hélas…
    Belle réaction (inutile) en tous cas…! ^^

  34. J’ai enfin pris le temps de le lire cet article qui fait le buzz 😉 Et, wahou, tu m’as donné des frissons ! Bravo, continue à écrire, j’adore te lire !

    1. Madame Sourire dit :

      <3 merci :)

  35. C’est bien à partir de 1983 que le PS né en 1971 des ruines de la SFIO a commencé à montrer ouvertement son vrai visage anti-social, en brisant l’un des principaux acquis de mai 68, à savoir l’échelle mobile des salaires (mise à niveau automatique des salaires sur l’inflation, l’enjeu étant alors le taux réel de celle-ci). Ce coup porté au salariat a été lourd de conséquences, il a notamment réduit la capacité de résistance aux mauvais coups qui ont suivis. Les lois Auroux de la même année ont introduit les prémices de la casse du code du travail. Et 1983, c’est aussi le tournant de la rigueur de Delors. Tout ceci a contribué au départ du PCF du gouvernement de l’époque qui avait contribué fortement aux acquis de 1981 (39 H, création de la fonction publique hospitalière, carte orange payée à 50 %, … etc …).
    Depuis, cela ne s’est pas amélioré : signature de l’Acte Unique, traités européens en tout genre, …
    La loi sur les 35 H est restée ambigue : annualisation du temps de travail, blocage des salaires, …

    la liste est si longue !

    Mais il est vrai que ce quinquennat aura battu tous les records et que le PS a dépassé tout ce que pouvait laisser redouter son programme très social-libéral de 2012 : il contenait en fait en germe tout ce qui est réalisé. Il suffit de se rappeler la volonté de voir dominer le contrat sur la loi, la volonté de couper 80 milliards dans les dépenses publiques, … tout ceci défendu par un certain Cahuzac entre autre.

    Que le triste bilan dissuade de continuer de voter PS, quoi de plus normal. Mais la gauche, c’est bien autre chose, et il y a d’autres choix que le PS. Il y aura très certainement une autre offre politique. En 2012, il y avait essentiellement le programme l’Humain d’abord : je cite un programme, et délibérément pas un nom de candidat, car c’est bien le contenu qui compte en premier, et non le casting. Il y aura d’une façon ou d’une autre un équivalent en 2017, et une candidature à la présidentielle pour le porter. Pas forcément celle de JLM, cela peut être d’une personnalité plus rassembleuse. Et puis il y aura encore plus important, les législatives qui restent bel et bien l’élection clé.

    1. 1983 ? C’est en partie juste. Car dès 82, le tournant fut pris avant l’été, avec le contrôle des changes et les mesures qui allaient avec.
      Mais cela ne surprenaient que ceux qui ne voulaient pas voir avant. Dès 1977 et l’été de la rupture du Programme Commun, tout était déjà sur la table…

  36. Bonsoir,

    J’ai pas lu les commentaires donc ça a peut-être été dis. Je suis plus vieux né en 70 donc 2002, plein de jeune dans la rue JM LE PEN au 2ème tours parce qu’ils ont pas été voté.
    Si on a personne pour qui voter changeons tout, faite la révolution et imposer une représentativité par tirage au sort.

    Quelle age aviez-vous en 2005 ?

    Ne voter plus, prenez votre vie en main par des actions au niveau local mais en dehors des parties …..

    Bonne continuation,

    Alain

  37. […] Ce billet est également publié sur Le Blog de Madame Sourire. […]

Les commentaires sont clos.