Tomber

Cela m’arrive maintenant tous les deux mois. Ou moins. Cela s’accélère, je dirais.

Au début, je pensais que c’était lié à mon cycle et à mon syndrome pré-menstruel (SPM) : une envie de tout couper et de me recentrer. Aucune envie de sortir de mon lit, une fatigue, les larmes qui montent aux yeux dès que je dois me déplacer ou faire un effort, faire une action qui est au dessus de mes forces. Mais, comme je suis SOPK, mes règles, c’est pas souvent…

Je suis forcée de constater que la crise que j’ai passé début septembre, où les larmes coulaient même devant les élèves, où la colère était tellement forte que je n’arrivais pas à la contenir en public, revient régulièrement, moins forte certes, mais elle est là. Elle me prend comme ça. Dès que j’ai accompli une action qui m’a demandé concentration, persévérance et surtout quand je dois prendre sur moi.

Ces crises, je les sens monter. Je commence à être méchante avec mon entourage, je sens que quelque chose me dérange chez les autres. Ils ne sont pas assez présents, alors que je suis dans un silence inquiétant, ils sont trop présents, alors que je suis dans un silence inquiétant, ils sont trop collants, trop indifférents, trop, trop et encore trop…

Quand la crise arrive, je le sens. Je pourrais rester des heures sur mon canapé à ne rien faire sauf à me demander ce que je fous là.

Je n’ai pas encore trouvé la clé à tout cela.

Certain.e.s me diront « oui, enfin tu en fais trop »… Cette rhétorique n’a jamais fonctionné avec moi. Je n’en fais pas trop.

J’ai accepté des projets il y a maintenant plusieurs mois et oui, ils se réalisent en même temps que d’autres projets. J’ai appris à dire non et je sais dire non. Je l’ai fait plusieurs fois.

J’ai refusé d’aller dans certaines organisations parce que je ne pouvais pas, j’ai refusé plusieurs soirées, car je ne pouvais pas. Mais je ne peux pas dire non à des demandes rémunérées. Et j’en ai quelques unes.

En fait, il y a quelque chose en trop dans mon quotidien. J’aurais bien dit que c’était moi et ma culpabilité, ou mon besoin de perfection, mais je crois que c’est autre chose. J’ai l’impression d’étouffer et d’avoir un besoin de liberté qui hurle en permanence.

Alors quand c’est comme ça, je laisse tout en friche. Je laisse le compte faire sa vie, je ne modère plus, je ne regarde plus les réseaux sociaux. Je regarde des séries où j’éclate de rire, je joue à des jeux débiles, je dors et je continue de dormir. J’annule des soirées, je ne peux pas sourire, je ne peux même pas parfois m’excuser de ne pas être présente.

Et surtout ce qui me fatigue d’avance, c’est de me justifier. C’est de sentir qu’on attend de moi que je sois là, parfaite, souriante, heureuse de voir mes proches. Mais je n’y arrive pas. Je ne suis absolument d’aucun secours en ce moment à qui que ce soit. J’ai déjà du mal à me soutenir moi…

Ces vacances n’auront pas du tout été reposante.

J’ai fini le livre où j’ai couru après les autorisations de publications. Et je n’ai pas encore tout envoyé. J’ai lancé la campagne Ulule (que tu peux retrouver ici ). J’ai écrit, j’ai lu, j’ai créé, j’ai répondu à des entretiens, j’ai replongé dans me témoignages pour me relancer dans un gros planning. Je n’ai pas eu de pause.

C’est pour ça que je tombe.

Depuis un an, les vacances me servent à palier mon manque de temps pour faire avancer le compte. Je n’ai pas eu de vacances cet été. Et je sens que je suis sur une limite dangereuse.

Je ne voudrais pas complètement tomber et ne plus me relever. Mais je sens que ça se joue à cela.

Alors on continuera à penser à soi, plutôt que de vouloir rentrer dans un moule. On attendra que ça passe.

Parce que ça passera.

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2 Replies to “Tomber”

  1. Prends le temps pour toi ❤️

  2. Oui, j’espère que tu pourras penser à toi, qu’il y aura des moments de répit…

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