« T’as pensé à ? » : manifeste pour un changement dans le couple et appel aux militantes.

Il m’aura fallu cinq mois pour me dire que je devais aller plus loin. Je veux aller plus loin. Je veux utiliser « T’as pensé à? » pour bousculer, pour interroger la société et pour changer.

Parce que chaque jour je reçois plus de trente messages de charge mentale, parce que je suis sidérée de voir comment notre culture, nos médias et notre manière de travailler tournent autour de ce travail invisible, autour de ces qualités d’organisation et de planification. Je suis super en colère.

On nous prend pour des poires, les meufs.

L’organisation de la société tout entière tourne autour de ce travail invisible. Nous sommes encore très loin de l’égalité. Et même si Jean Michel s’est lancé des défis pour faire et penser, les couples en parfaite égalité sont assez peu nombreux. Et ce n’est pas parce qu’on connaît ou que soi-même on estime qu’on est un « bon » couple, qu’il faut passer à côté de cette réalité. Autour de nous, dans les campagnes, dans les banlieues, dans les centres des villes, à côté de chez toi, ce travail invisible est constant et présent. Il est planifié par des femmes, il est pensé par des femmes, il est souvent réalité par des femmes. La dernière enquête Ipsos me fait d’ailleurs bondir : par ici.

Oui, nous avons évolué depuis cinquante ans, mais bien trop lentement. Beaucoup trop lentement. On ne peut pas se satisfaire à l’heure actuelle de cette évolution. Je n’ai pas envie de m’en satisfaire et je n’ai pas envie de remettre des médailles à ceux qui ont évolué. Ceux qui à chaque soirée m’expliquent que quand même, c’est mieux qu’avant, j’ai envie de vous montrer toutes les ramifications qu’il y a dans ma tête pour vous expliquer pourquoi on n’avance pas assez vite.

La charge mentale, ce travail invisible, a un lien direct avec le monde professionnel, avec l’éducation, avec les stéréotypes de genre, avec l’investissement des femmes dans la sphère publique, avec les violences psychologiques et physiques, avec la sexualité, avec la manière d’aimer. En fait, je peux tout relier à la charge mentale, parce qu’elle se trouve dans les couples, la base de toute notre société. Cela ne veut pas dire que les personnes seules ne sont pas concernées, puisqu’elles subissent aussi les stéréotypes autour de cette charge mentale au travail ou dans leur famille.

Il est temps aujourd’hui de faire bouger les choses. Il est temps de faire bouger les normes de cette société.

Je crois qu’il est important aujourd’hui de se réunir pour travailler sur cette question. Ce sont les énergies collectives qui peuvent faire changer les choses. Ce n’est pas moi, Coline, toute seule dans mon coin et mes 58 000 abonnées qui allons changer les choses. Ce n’est pas un compte Instagram qui peut faire vraiment changer les choses en profondeur. Ce compte peut t’aider pour le dialogue, mais il faut aller plus loin. Il faut s’interroger sur comment on peut tout bousculer.

Je lance donc un appel à celles qui veulent me rejoindre et qui veulent lancer un début de travail sur toutes ces questions.

Ce collectif, je le vois sans hiérarchie. Je le vois avec un nom qui claque, je le vois se rapprocher d’autres groupes féministes.

Je le vois porter des revendications comme le congés paternité, je le vois faire des vidéos explicatives, je le vois utiliser les Arts, je le vois dans les talents de toutes, je le vois ouverts à toutes, quelque soit sa couleur de peau, sa religion et son lieu d’habitation. Un noyau dur qui se voit régulièrement et des possibilités de militer avec son smartphones.

La révolution du couple devient obligatoire si on veut changer cette société. La révolution du couple est en cours et je veux apporter ma pierre à l’édifice.

Si tu te sens concernée par ce texte, si tu as envie de suivre de près ou de loin cette aventure, tu peux m’envoyer un mail sur taspensea[a]gmail.com

Ensemble pour tout changer et tout renverser !

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One Reply to “« T’as pensé à ? » : manifeste pour un changement dans le couple et appel aux militantes.”

  1. Je suis tellement, mais tellement, d’accord avec ton article. Je vois ce travail invisible partout, dans les hommes qui prennent du grade, dans ceux qui arrivent encore à trouver du temps pour eux, dans les réflexions sur le fait que « ailleurs c’est pire », dans les gens qui sont contre les quotas car ça prend la place d’hommes plus méritants (alors qu’ils sont privilégiés par leur genre), dans les questions bébé adressées aux femmes, dans tout ce qu’elles font pour que tout le monde soit bien, dans les excuses qu’on se trouve pour dire qu’on a choisi et que notre conjoint est plutôt égalitaire (alors qu’on sait que ça n’est pas le cas, mais ça fait moins mal comme ça), dans les magazines, dans le % de voix féminines dans ma radio le matin, dans les « oui mais moi je ne fais pas ça, ne généralise pas », etc. Je comprends bien cette colère qui gronde en toi, je ressens la même. Je t’envoie un mail quand j’ai un moment 🙂

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