Publier

Il est parti. Il est parti dans les rotatives.

J’ai donné mon accord. J’ai relu encore une fois. Et il est parti.

Le compte aura un an à la fin de ce mois de novembre et j’aurais donné mon feu vert pour que le livre parte dans les rotatives.

Pour tout vous dire, j’ai peur.

J’ai l’habitude d’appuyer sur le bouton « publier » depuis un certain temps. J’écris depuis maintenant quinze ans. J’écris dans des carnets, j’écris sur mon quotidien, j’écris ma passion, j’écris dans mon portable et j’écris dans les différents blogs qui m’ont accueillie.

D’ailleurs, les commentaires sont à nouveau actifs, je viens de me rendre compte qu’ils étaient désactivés depuis… Avril 2019.

Pourtant, là, le livre est parti. Mon livre. Avec mon style, avec mes réflexions, avec mes espoirs, avec mon vécu, avec mes lectures. J’ai la trouille.

Bizarrement je n’ai pas peur des abonné.e.s ou de mes proches. Non, j’ai peur du milieu militant. De la question de la pureté obligatoire. J’en ai peu parlé par ici, mais c’est un sujet qui me passionne et qui me freine aussi.

La pureté militante, c’est être la militante la plus irréprochable possible, sans faire vraiment d’effort et surtout en montrant l’exemple.

Je n’ai pas parlé de mon action avec les FEMEN au début du mois d’octobre. Je me suis retrouvé seins nus en plein Paris, à traverser Denfert-Rochereau et à faire des minutes de silence au cimetière du Montparnasse.

Est-ce que je suis une FEMEN ? Non. Clairement pas. Nous avons de grands points de divergence. Je ne suis pas d’accord sur la question religieuse, sur la prostitution et sur la transidentité. En fait, nous sommes mêmes « ennemies » de pensées. Pourtant, je l’ai fait. Pourquoi ? Parce que je sais reconnaître la valeur des actions FEMEN du point de vue médiatique, que nous nous rejoignons sur l’analyse des féminicides et surtout j’y mets une grande partie de personnelle dans cette action (représenter les femmes qui sont violentées et tuées, me promener seins nus dans Paris… ).

Je me suis donc autorisée à avoir le droit à l’erreur. Est-ce que c’était un pacte avec le diable ? Est-ce qu’on me ressortira les photos dans un an pour me dire que je n’étais pas si bien que cela ? Peut-être.

C’est justement cela la pureté militante : ne pas avoir le droit à l’erreur.

Alors c’est sûr que pour moi, c’est facile de venir quelques heures avec les FEMEN car je corresponds à leurs critères. Je ne suis pas voilée, par exemple. Il m’était donc facile de me glisser dans ce rôle. J’en suis consciente.

Est-ce que je le regrette ? Un peu parfois, en me demandant quand cela va ressortir. Est-ce que je vais le refaire ? Non je ne pense pas. Je pense que je peux m’investir autrement. Mais à ce moment-là, dans ma vie, c’était le bon moment.

Avec le livre, c’est exactement la même chose. Quand j’appuie sur le bouton « publier », je m’engage. J’engage ma personne, mon texte, mes actes.

Et si un jour je regrette ce livre ? Et si je n’ai pas assez relu ? Est-ce que j’ai bien pensé à tout le monde ? Est-ce que je suis assez inclusive ? Est-ce que j’ai su retranscrire mes idées ? Alors oui, je ne suis pas seule, mais c’est mon nom qui est sur le livre. Je vais le porter le restant de ma vie.

Cette idée me donne des sueurs. Je m’interroge. C’est quoi être publiée ? C’est quoi voir son nom dans une librairie ? C’est quoi le symbole ? Pourquoi ça résonne en moi et pourquoi c’est aussi symbolique ?

J’ai hâte de le voir et de le sentir entre mes doigts. J’ai hâte de le lire. Pour de vrai. Je l’aurais en main le 8 décembre. Et il sortira le 8 janvier. J’ai tellement hâte.

C’est ma formidable aventure.

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2 Replies to “Publier”

  1. Hâte de te suivre dans cette aventure 🙏
    Merci de ton travail quotidien qui a beaucoup contribué à faire avancer ma déconstruction.

  2. J’ai très hâte de sa publication… Dommage qu’on ne puisse pas l’offrir à Noël, ça sauvera peut-être l’ambiance dans certaines (la plupart des ?) familles ceci dit aha

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