2018, cette année charnière.

Libre.

Voilà le mot de mon année 2018.

Libre. Force. Changement. Audace.

Les quatre mots qui m’ont accompagnée sur cette année.

Libre de mes choix, libre. Voilà ce que j’ai découvert en 2018. Que je pouvais faire ce que je voulais, que je pouvais aller péter la gueule aux normes, que je pouvais tout remettre en cause et que ce n’est pas pour ça qu’on m’aimerait moins. Au contraire. On m’a aimé beaucoup plus.

Libre de mon temps, libre de mes choix. J’ai découvert que l’énergie que je mettais à tout concilier, à cacher ma nature profonde, était une énergie que je pouvais utiliser pour créer, une énergie que je pouvais prendre pour en faire un formidable moteur du quotidien. Cette liberté, liberté chérie, que je découvre, que j’apprivoise, que je mets dans un coin de ma tête en permanence.

Je ne remets pas en cause tous mes choix, tous mes projets, mais je crois que je m’étais un peu oubliée. Cette nouvelle énergie, très forte, je l’utilise pour faire ce que j’ai toujours voulu faire : militer, tenter de changer le monde, aller bouffer le monde, le prendre, le retourner et lui dire tout ce que je pense de lui.

Et moi j’ai appris cette année à dire que je ne voulais plus porter. Je ne porte plus mes parents, je ne me rends plus responsable du malheur de mes proches. Je les soutiens, je leur tiens la main, mais je ne les porte plus. L’énergie nouvelle vient aussi de là : je ne veux plus seulement donner, sans compter, je veux aussi garder pour me soulever. Et ça fonctionne.

Force.

Je me sens très forte.

Je me sens capable de tout renverser. Je me sens capable de remettre en cause chaque inégalité, je me sens capable de tenir un débat politique, je me sens capable de tenir la barre dans n’importe quelle situation. Je me sens capable de concilier ma vie de femme, ma vie de maman et ma vie de prof. Je me sens capable d’affirmer mes idées. Je m’étais mise en sourdine pendant plusieurs mois, plusieurs années, n’ayant plus confiance en mes capacités de raisonnement. C’est fini.

Je suis allée deux fois à France Info dans l’année pour donner mon opinion, pour faire remonter les revendications de mes collègues, je suis capable de produire rapidement un discours audible, perfectible encore, mais je le fais. Je ne laisse plus rien passer sur les remarques sexistes et je tiens un compte où les femmes viennent quotidiennement dire leurs souffrances.

Changement. Audace.

J’ai changé. J’ai tout bousculé. J’ai cassé deux ou trois mythes sur moi, j’ai avancé à vitesse grand V sur des questions qui me bouffaient depuis des années. J’ai fait du mal à mes proches, j’ai envoyé bouler, j’ai dit stop. Je n’ai pas été tendre avec mes proches, mais j’avais besoin d’exister, j’avais besoin de muter, de me débarrasser de ce costume trop grand ou trop étroit, cela dépend de ce qu’on veut voir. Des normes trop contraignantes pour moi, des attentes de la société trop fortes pour les autres. Je ne sais pas. Mais j’ai dit stop.

J’ai osé. J’ai osé me dire que le changement c’était moi, que le changement, c’était maintenant et que c’était par moi, que je devais arrêter d’attendre que cela vienne des autres. J’ai couru, plus fort et plus rapidement, j’ai osé être moi.

Être moi, c’est mettre du rouge à lèvre, c’est avoir les cheveux rouges, c’est rire fort, c’est gueuler, c’est vivre des passions fortes, c’est sentir son cœur vaciller, c’est sentir ce corps vibrer, c’est sentir la cigarette et l’alcool à cinq heures du matin, c’est partir sur un coup de tête, c’est rejoindre les copains en pleine nuit, c’est bouffer la vie avant qu’elle nous bouffe. C’est danser et chanter, c’est aimer et faire l’amour, c’est te prendre la main et te dire de me suivre. C’est mettre l’humain avant tout, au travail, dans la famille, dans le couple. C’est être empathique, c’est écouter les autres mais ne pas lâcher. C’est prendre mon fils dans mes bras, c’est l’embrasser et lui souhaiter d’être un homme libre. C’est lui souhaiter d’être exigeant avec lui et avec les autres.

C’est tout ça être moi. C’est complexe, c’est bouleversant, mais c’est lumineux et grisant.

Le dernier mot de mon année est féminisme.

Clairement.

Le féminisme a été la clé de libération : les lectures, les rencontres, les joies d’être soi dans un monde normé, les débats, les remises en cause.

Merci, oh oui merci, d’être dans un monde où on peut parler autant féminisme, où on peut construire sa pensée, où on peut avancer. Merci d’être dans un monde où on peut dire qu’on s’est trompé il y a dix ans, où on peut remettre tout en cause. Merci à toutes ces femmes inspirantes qui sont capables de soulever des montagnes. Merci à mes proches d’être des féministes convaincues et exceptionnelles. Merci merci merci. Le féminisme m’a sauvé, le féminisme m’a montré que j’étais capable de faire par moi-même. Le féminisme m’a permis de déconstruire les normes que mon éducation m’avait imposées. On peut m’aimer parce que je suis, et non pas parce que je fais. Je peux montrer mon amour par ma personne et pas seulement par mes actions. Je peux faire les deux, mais s’occuper des autres ne veut pas dire qu’ils comprennent que je les aime. (Je reviendrai sur ce point dans pas trop longtemps… )

Et toi, toi là-bas, qui me regarde, ne sachant pas trop comment réagir face à la transformation.

Toi, celui qui m’accompagne, qui me donne la main, viens avec moi. Lâche prise, Je veux vivre ça avec toi, je ne veux pas que tu me portes, je veux que tu m’accompagnes, je veux que tu me dises que tu seras là, que tu me fais confiance, que je vais y arriver. Je veux vivre des moments de passions, des beaux moments, des moments où on s’oublie. Vis ta vie, remets la en cause, bouscule la. Vis ta vie tant que j’ai ma place près de toi. Tant qu’on se fait une place, tant qu’on est capable de s’aimer un peu, laisse nous du temps pour trouver cet équilibre.

Et puis on pourra se dire qu’on aura vécu ces moments, on pourra se dire qu’on s’est accompagnés, qu’on ne s’est pas plombés, qu’on est partis dans ce tourbillon. Nous avons passé tellement de moments difficiles, on peut continuer encore un peu, on peut suivre ce chemin sans se faire mal.

Ne me fais pas de grandes démonstrations, prends ma main et accompagne moi.

Cette année 2018 a été incroyable. Au delà de mes espérances, au delà de mes envies. Au delà de tout.

J’ai hâte de connaître 2019, qui s’annonce tout aussi bouleversante et intense.

J’ai tellement hâte de vous parler de tous ces projets, de toutes ces envies.

Merci à tou·t·es d’être présent·es

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8 Replies to “2018, cette année charnière.”

  1. Ce texte pétillant d’émotion ❤ je crois que je vais me laisser aller aecrire aussi un article de bilan pour cette année, peut être pas aussi bouleversante que la tienne (ton enthousiasme est contagieux, j’adore te lire décidément !) mais qui a vu pas mal de déblocages, d’aboutissements d’efforts, de travail sur moi même. Puis l’année des 25 ans, le premier « vrai » travail, symbolique à souhait

    1. Olalala c’est vrai que tu ne vas avoir « que » 25 ans 🙂
      Merci en tout cas pour le commentaire et à très vite !

  2. Ton texte est si beau et remplie d’espoir.
    Je te souhaite du succès pour cette année avec la réussite de tes objectifs.

    A très vite

    1. Merci beaucoup 🙂
      Je te souhaite la même chose !
      A bientôt

  3. Quel dynamisme ❤️
    Je devrais faire un retour moi aussi, 2018 a clairement été marqué par la liberté pour moi aussi !

    1. Merci à toi 🙂 J’attends avec impatience le bilan alors !

  4. Bravo ?
    Et merci pour ce billet entier, impliqué et engagé.
    Nous sommes les actrices de notre vie. Même quand la société est bancale, même quand les lois et les comportements sont sexistes, même quand nous devons nous battre pour être libres et heureuses.
    Cela ne veut pas dire qu’il ne faille « rien faire ». Au contraire, il faut, comme tu le dis, commencer par changer sa vie, de sa propre main. Et quand on sera bien, alors ce sera d’un sentiment de puissance et de force, comme celui qui se dégage de ton texte, que nous pourrons faire rayonner le changement autour de nous.

    Je souhaite à toutes les femmes qui se sentent prisonnières de leur vie de voir que c’est de leur coeur, et avec leur courage pris à deux mains, que la liberté se gagne ?

    1. Je suis entièrement d’accord !
      Merci pour ton commentaire 🙂

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