La flemme du dimanche.

Je souffre d’un mal somme tout commun : j’ai la flemme le dimanche. Mais genre la grosse flemme.

Celle qui me fait penser que mon 32m² est immense et qu’un voyage entre mon lit et mon canapé est l’expédition de la journée.

Pourquoi cette flemme ? Comment le vit mon entourage ? Que faire pour y remédier ?

Ma flemme du dimanche remonte à peu. Ou alors remonte de très loin. Oui, je sais, en une phrase, je dis tout et son contraire.

Le dimanche est jour adoré ou détesté. Il ne laisse jamais indifférent. Il est le jour chômé, il est vu comme sacro-saint, il peut même parfois créer des débats politique.

Pour moi, le dimanche est un jour particulier. Depuis que je travaille, il me permet de décompresser, de me reposer, de ne rien faire ou à l’inverse, il me permet de rattraper mon retard que ce soit sur l’écriture de cours ou dans la correction de copies. Pourtant, depuis maintenant quelques semaines, le dimanche est devenu source de tension dans mon couple.  Rien de grave, je te rassure, mais c’est parfois devenu pesant et j’ai dû apprendre à faire des COMPROMIS. (Coucou mot préféré du couple ! )

Pourquoi je suis devenue une flemmarde.

Le dimanche, chez ma mère, était plutôt synonyme de pas grand chose. Je faisais mes devoirs, je regardais la télévision et on sortait faire cette fameuse promenade. C’était aussi un jour tendu, lorsque j’étais chez mon père, car le soir je rentrais chez ma mère et j’avais le droit à un questionnaire en règle du type Gestapo. C’était chiant. C’est même parfois dérangeant pour la construction de l’enfant que j’étais. Bref, je n’aimais pas le dimanche, à part pour manger la pâte à gâteau et dormir.

Je pouvais me lever vers midi, parfois même 13 heures quand j’étais chez mon père. Chez ma mère, c’était 10 heures avec toujours un coup d’aspirateur ou RTL en train de gueuler à l’arrière. Je crois que je m’ennuyais. Ou alors, j’attendais que le temps passe, sans vraiment me rendre compte que je m’ennuyais.

Quand j’étais étudiante, le dimanche me permettait de me remettre de mes émotions de la semaine. Autant arrêter de te le cacher, je suis et je reste une grande fêtarde qui aime danser et s’amuser. Le samedi soir rimait avec fiesta et autres choses. Je n’ai pas de souvenirs de moi m’ennuyant un samedi soir. Pas de Pat’ Seb, ou autres séries sur M6. J’ai bien plus de souvenirs de moi rentrant en Noctilien (bus de nuit parisien) à quatre heures du matin à Aubervilliers.

Le dimanche, quand j’étais célibataire, ou en couple (mais bon tu m’as compris, que j’étais seule chez moi sans quelqu’un pour me mettre la pression), je restais au lit TOUTE LA JOURNEE et commençais à bouger mon cul de larve vers… 19 heures. Pour retourner me coucher. Ouais ouais….

Le dimanche m’appartenait et j’avais enfin l’impression de maîtriser mon temps et surtout ma fatigue.

Et Grumpf est arrivé.

Au début, quand tu es un jeune couple, tu aimes passer ton temps au lit le dimanche (hihihi). C’est un jour où tu peux rester au lit à deux. Puis bon, tu fais une concession, tu sors pour aller au marché ou au parc, parce qu’il ne faut pas être trop loin du lit. Bon, sans grossir le trait, je crois qu’on est resté comme ça pendant au moins un an ou deux. Ensuite, comme je passais le CAPES et que je m’en prenais plein la tête, Grumpf m’a laissée ne rien faire le dimanche. Lui sortait et moi je larvais. Grumpf a acheté une voiture, pour qu’on puisse sortir un peu plus en dehors de Toulouse. Parce que, Grumpf, tu vois, il est l’inverse de moi. Le dimanche, tu dois te bouger le cul. Tu dois bouger parce que tu es contraint toute la semaine donc c’est là tout de suite maintenant que tu dois faire ce dont tu as envie et donc tu dois bouger.

Les disputes sont arrivées. Parfois chiantes, parfois mêlées d’incompréhension. Parfois, je faisais un effort et je rentrais fatiguée de nos promenades. Je me couchais comme une poule et le lundi c’était reparti. Révision. Parfois, je ne cédais pas et cela excédait Grumpf qui avait envie de sortir de l’appartement.

Depuis que j’ai eu mon CAPES et que j’exerce le plus beau métier du monde, je suis épuisée. Je suis vidée. Je suis une espèce de ballon de baudruche dégonflé. Je ne peux rien faire.

Le samedi, je fais tout ce que je n’avais pas fait ou je vois les copines. Parfois je travaille. Mais le dimanche, surtout depuis mon fameux statut de TZR, est devenu le jour où je ne peux rien faire. Même pas le ménage. Même pas à manger. Même pas le marché. Rien, que dalle. Sortir me prend une énergie folle, j’ai l’impression d’être lente, d’avoir le cerveau en merde. Je ne peux même pas prendre une décision.

Un rythme effréné

Je souffre de mon rythme. Et cette fois ce n’est pas à cause de mon statut qui me place sur deux établissements éloignés l’un de l’autre. Je souffre de mon métier et des contacts permanents que j’ai avec le monde extérieur. Je vois plus de 150 gamins par jour et avec les adultes, je dois rentrer en interaction avec 200 personnes par jour. Je prends les transports en commun environ deux heures par jour, ce qui continue à élever le nombre de personnes que je vois par jour. J’ai beau avoir mon casque sur les oreilles, je vois ces personnes, j’entre en interaction, je ne peux pas faire comme si j’étais seule. Ma journée type est : levée 6 heures, départ 7 heures, retour 19 heures (voire 20 heures) à la maison. Je pars donc douze heures par jour de chez moi et au moment où je quitte notre appartement, je ne suis plus seule de toute la journée. Je ne suis jamais seule. Jamais. Je n’ai jamais le temps dans la journée de me demander si je vais bien ou si j’ai envie de pisser. D’ailleurs j’ai mis un horaire pour cette fonction naturelle de mon corps sinon j’oubliais et je me faisais limite pipi dessus vers 16 heures. Dans une journée normale (moyenne sur une semaine), je fais entre 10 000 et 11 000 pas, presque 8 kilomètres. Et encore, je n’ai pas mon portable sur moi pendant mes cours.

Le dimanche, je demande donc du repos.

Vraiment.

Sauf que Grumpf, lui, c’est tout l’inverse.

Avec la thèse, il est devenu sédentaire et passe beaucoup de temps seul, très seul. Il peut rester une semaine dans l’appartement quand il a de grosses échéances et si il n’était pas un minimum nomade et qu’il avait mon caractère, il pourrait ne pas sortir du tout. Heureusement pour lui, et c’est aussi pour cela que je l’admire, il a une force de caractère qui fait que même tout seul, il arrive à trouver la motivation. Et quand il la perd, il va voir d’autres doctorants et se bouge le cul.

Mais bon, le dimanche, lui, il veut bouger. Et cela se comprend quand on regarde son emploi du temps.

Il veut voir des copains ? Moi je rêve de silence. Il veut prendre les transports en commun ? Moi je ne veux plus jamais les voir. Il veut courir, jouer, sortir et profiter ? Moi je veux rester sous ma couette.

Les concessions, tu feras.

Tu comprends bien la difficulté dans laquelle notre couple ait depuis quelques mois. On est un peu tendu sur la question tous les deux. Et en plus de ces tensions, je m’en rajoute une par dessus : celle de la société et du diktat du « bouge ton cul surtout si t’es en surpoids ». (Je reviendrai prochainement sur cette injonction).  Je culpabilise à mort de ne pas sortir et de ne pas avoir un début de volonté, car je sais que je dois « profiter » un maximum et parce que c’est bon pour moi. Mais je n’y arrive pas. Vraiment pas.

Après des dimanches tendus du slip, nous avons donc tenté de trouver un fonctionnement.

sheldon

 

Je te livre nos quelques idées :

  1. Le samedi, on fait ce qu’on veut de notre côté.
  2. Le dimanche matin doit être vécu à deux, jusqu’à 14 heures, sauf raison exceptionnelle.
  3. Le dimanche après-midi (source de tous les dangers) doit être un moment de sortie sauf si vraiment Madame Sourire ne peut pas pour X raisons (conseil de classe, copies à corriger, mère horrible)
  4. Dans ce cas là, Madame Sourire ne doit pas en vouloir à Grumpf et doit accepter qu’il rentre tard.
  5. Faire une liste d’activités qui intéressent Madame Sourire. (Parce que j’ai tendance à avoir un jugement très particulier sur les lieux de sortie, notamment parce que je vis très mal le choc des cultures entre la banlieue et la jeunesse parisienne (et ça me soûle ) Fin de la parenthèse).
  6. Faire une concession qui peut passer par un goûter, un chocolat ou autre, mais pas par du sport. Sauf du cheval. (ahahahahahha)
  7. Madame Sourire promet de se laver et s’habiller sans grogner le dimanche.

On essaye de se débrouiller avec ces quelques idées. Ce n’est pas simple, surtout que la thèse va encore durer et que mon statut de TZR peut encore perdurer. Mais c’est aussi cela un couple. C’est savoir quand on doit faire un pas l’un vers l’autre et savoir parfois bouger sa nature profonde.

Je suis flemmarde, qui vit avec un nomade. Mais on s’en sort quand même.

Bon, après, le mois de mai et ces jours fériés ont un peu facilité les dernières concessions. On devrait travailler que quatre jours par semaine. Ou trois.

Et toi, comment tu vis ton dimanche ? Comment ta moitié le vit ?

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9 Replies to “La flemme du dimanche.”

  1. oulala que j’ai de la chance d’avoir un homme avec les memes envies que moi! Pour l’instant, on en a toujours marre en mene temps de faire quelque chose, on a la flemme en meme temps ou l’envie de faire quelque chose… Et ça c’est top! Votre solution sheldonesque est en tout cas une bonne idée, chacun fait un ptit pas 🙂

    1. Oui le compromis, toussa, c’est quand même l’essentiel 😉
      J’espère que tout va bien.
      La bise

  2. Je te découvre aujourd’hui, et j’adore ta plume. J’adore pas ta situation en revanche, mais je la comprends. Nous, on a d’autres emmerdes. D’autres concessions. Genre, lui un peu maniaque, moi un peu bordélique. Parfois ça crise. Et on se remet le nez dans les efforts. Parce que malgré tout ça, on ne pourrait pas vivre l’un sans l’autre. Bons dimanches à venir 😉 bises

    1. Merci alors pour ce premier commentaire ! J’espère te revoir bientôt !
      La bise

  3. Et bien moi plus je vieillie et moins je supporte de ne rien faire dans une journée, que ce soit le Dimanche ou un autre jour de la semaine d’ailleurs. Je bosse 6 jours / 7 mais si je ne fais rien de mon Dimanche ça me fou un cafard d’enfer. Ce qui agace mon mari au plus haut point lui qui aimerait passer se weekend coucher sur le canapé à regarder des films.
    Moi je ne supporte plus de faire ça tout simplement car je m’aperçois que les années passent à une vitesse folle, que je n’aurais pas le temps de tout faire même si je vis 100 ans ( comme le dis une fameuse chanson ) et que lorsque je serais morte j’aurais l’éternité pour me reposer !

    Au fait j’organise un concours sur mon blog si tu souhaites y participer c’est par ici: http://milunenounou.blogspot.fr/2015/06/concours-du-cur.html

    Bonne soirée.
    Milune.

  4. Hello Madame Sourire ! Dis donc, ça fait loooongtemps qu’on t’a pas vue !!! Tes articles me manquent !! Je me doute que la fin de l’année scolaire doit être bien chargée et que tu es sûrement en train de courir dans tous les sens pour boucler tous les projets…
    Mais je me connecte quand même un jour sur 2, histoire de voir si un petit article ne pointerait pas le bout de son nez !
    Bon et j’espère que tu vas bien, surtout !
    À bientôt ?

    1. T’es vraiment trop mignonne ! J’étais très occupée et un peu pré-occupée mais me revoilà !
      J’espère que tu vas bien 🙂
      A très vite

  5. Hé bien moi c’est tout comme toi. Le dimanche, je me mets en pause. Je n’ai pas peur de ne pas sortir. Tandis qu’elle brandit la dictature de la sortie dominicale, avec cette injonction qui tombe de nulle part : « il FAUT qu’on sorte, après on va encore ne rien faire du dimanche ». Sortir pour sortir, alors que ne rien faire peut être constructif et salutaire…. bref on ne vit plus ensemble ! (mais je dis pas ça pour vous, attention, nous il y avait deux-trois autres points de désaccord, style j’aimais pas trop quand elle couchait avec son patron).
    En tout cas bon courage, parce que si j’ai bien compris, couple + 32m²… chapeau !

    1. Bonjour Sylvain,
      Tu m’as bien fait rire avec quelques points de désaccord 😉 Oui nous somems dans 32m² depuis maintenant 3 ans et on déménage bientôt (tu comprends il y a un moment, j’ai juste envie de l’étriper… )
      En tout cas, je vais me penser sur ton blog !
      A très vite

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