J’ai testé pour vous : participer à #PayeTonUtérus

Aujourd’hui, mon loupiot, c’est un article un peu particulier. Qui réagit à l’actualité du moment et que je vois passer partout. Depuis quelques jours sur Twitter ou sur Facebook, les femmes parlent de leurs expériences de contraception avec leur pharmacien/gynéco/médecin avec le hashtag #PayetonUtérus, sous entendu : « Quand tu es une femme, tu payes pour cela ».

Tu payes pour cela d’un point de vue financier, mais aussi d’un point de vue moral.

Je ne pensais pas réagir mais plus je lis de témoignages, plus j’ai l’impression que mon expérience, extrêmement pénible, est arrivée à plein de femmes autour de moi.

 

Des questions sur ma contraception

C’était il y a maintenant trois ans. On devait être en septembre ou en octobre. J’allais passer mon écrit pour devenir professeure. C’était une période un peu stressante, mais rien de particulier. J’ai toujours su séparer mon couple du reste.

Et pourtant, avec Grumpf, ce n’était pas « Youpi Tralala Pouet Pouet » chaque soir. C’était même… Le vide. Un réel vide. Pas sentimental. Mais au niveau de ma culotte. Je n’avais plus du tout envie de faire la bagatelle et cela faisait presque trois semaines… Et avant cela, cela faisait six mois que j’avais une sensation de sécheresse. Faire l’amour ne m’intéressait plus. Au bout de deux ans de couple.

Alors, peut-être que cela t’est déjà arrivée et tu ne t’es pas dit que tu avais un problème. Moi, je me connais et je m’inquiète tout de suite. Ce n’est pas « normal » et la phrase qui dit  » dans un couple, forcément le désir s’éteint pour passer à la tendresse », je n’y ai jamais cru. C’est comme cet adage de « L’Amour dure trois ans », propulsé par le livre de Frédéric Beigbeder. Je comprends ce qu’il y a derrière, mais je m’y refuse.

Je n’étais pas déprimée, j’aimais profondément mon Grumpf. Je le trouvais beau le matin, le midi et le soir, mais dès qu’il fallait passer aux actes, je n’y arrivais pas. Je n’avais pas subi de problèmes particuliers, et je crois même que c’est une activité qui me plaisait beaucoup. Et pourtant, à ce moment-là, je ne pouvais pas.

Alors face à ce vide, à ce manque réel, et qui faisait aussi souffrir mon couple, j’ai commencé à réfléchir.

Depuis le mois de juin, j’étais sûre que ma pilule ne me convenait plus. En plus d’un manque sérieux de libido, je me sentais lourde, très lourde. Et j’oubliais souvent ma pilule, comme si mon cerveau refusait que je continue ce traitement.

J’ai voulu attendre les vacances et la détente pour voir un peu tout cela. Mais tout ce que je ressentais, continuait. Malgré ma détente, malgré les attentions de Grumpf. Rien. Et toujours cette sensation d’être très lourde.

Je ne supportais plus ma pilule.

Une fois que j’ai commencé à penser cela, c’était trop tard. J’ai commencé à vraiment l’oublier, ce qui n’était pas un problème vu que je faisais ceinture, mais cela m’inquiétait quand même pour le reste.

J’ai donc pris rendez-vous avec ma nouvelle gynécologue de Toulouse, que j’avais vu une fois depuis mon arrivée et qui m’avait parue pas trop mal.

Un rendez-vous compliqué

En expliquant mon problème à ma gynécologue, je n’ai pas eu du tout l’écoute que j’aurais aimé avoir. Mais alors pas du tout.

Je lui explique ce qui ne va pas. Pourquoi cela ne va pas. Je pleure un peu, parce que c’est très désagréable d’avouer qu’une libido est en berne et que cela me fait souffrir. Et là, ma médecin a eu la phrase la plus CONNE du monde :

« Mais vous avez réfléchi à quitter votre compagnon ? Peut-être que tout simplement vous ne l’aimez plus ? »

Et je repars avec une ordonnance de renouvellement pour ma pilule.

Et ça fera 50 euros s’il-vous plaît Madame.

En quoi cette phrase est gênante ?

Tout d’abord, parce que cette gynéco mélange amour et désir. On peut ne pas être amoureuse et avoir du désir et vice-versa. Seulement moi, je me connais, je sais que j’ai du désir quand je suis amoureuse. Et là, j’en ai plus du tout. Donc ce n’est pas une question de sentiment. Là, tout de suite, maintenant, c’est une question d’hormones. C’est une question de contraception non adaptée. Et c’est une question qui m’obsède complètement.

Ensuite, parce que derrière, il y a un jugement sur ce que je pense ou ce que je ressens. Bien-sûr les médecins doivent poser des questions et orienter les patientes. Mais là, j’étais en souffrance et je n’en pouvais plus.

Je suis rentrée furieuse de ce rende-vous, mais j’ai continué de prendre ma pilule. Pour me protéger d’une grossesse. Alors que pour avoir une grossesse, il faudrait déjà passer à l’acte. Je continue à la prendre… Encore un an. Je ne sais pas comment j’ai fait. Je sais que les désagréments ont continué, je sais que notre vie sexuelle était en train d’en prendre un certain coup. Mais je continuais. Comme si ne plus la prendre me mettait du côté de impies.

La délivrance un an plus tard.

De retour à Paris, je prends rendez-vous avec ma gynéco que j’avais avant de partir. Ah. Elle est en retraite. Je tique un peu. Je prends tout de même rendez-vous avec sa remplaçante et j’espère sincèrement que cela va bien se passer.

Je suis très stressée ce jour-là. Je suis pleine d’espoir et en même temps j’ai très peur. Je raconte mon parcours, je n’explique pas mon rendez-vous avec ma gynéco de Toulouse et je n’ose pas lui parler de ma libido. Elle me dit alors :

« Alors je vais vous proposer de changer de contraception ».

Elle me présente toutes les contraceptions dont le stérilet en cuivre.

On parle de chacune et je lui avoue alors mon problème de libido.

Elle me dit alors que « Oui, en effet, ça peut arriver que la libido baisse significativement avec la pilule et les hormones en général. Je vous propose donc de passer au stérilet en cuivre, vous serez beaucoup mieux dans votre vie. On se donne rendez-vous à vos prochaines règles? »

Et voilà comment j’ai changé d’avis sur les gynécos.

Pourquoi #PayetonUtérus est important à relayer ?

Parce que la souffrance que peut générer une contraception n’est pas normale. C’est la même chose pour le manque de contraception.

Souvent, on a honte de ce qui nous arrive, surtout quand cela touche la libido. On se remet en cause, on pense que c’est notre couple ou nous-même.

Parfois, on se dit que c’est la vie, que c’est normal tout ce qui nous arrive, parce que « c’est ça la vie de couple ». Parce que je vieillis, parce que…

Tu peux trouver toutes les excuses du monde. Tu peux aussi ne pas y penser. Mais le jour où tu auras besoin de parler de tes problèmes intimes, et pas seulement ceux de ne pas pouvoir faire d’enfant, mais ceux qui touchent ta sexualité, tu te sentiras vraiment soulagée.

Savoir que des professionnels de santé peuvent nous écouter, nous conseiller, nous donner des pistes de réflexion. Qu’ils puissent aussi nous permettre de ne pas tout mélanger.

Quand le lien de confiance est là, et il est souvent là, avec un professionnel de santé, c’est quand même le bonheur. Mais le jour où on ne peut plus parler, plus dire ce qui ne va pas, sans avoir une remarque soit sexiste « Oh ça devrait aller ! Je n’y vais pas comme votre homme quand même », soit genrée « Ah vous êtes douillettes ! Comme toutes les filles ! », soit culpabilisante « C’est de votre faute », on aura beaucoup avancé dans la sexualité des femmes.

Je relaye #PayeTonUtérus parce que les femmes ont besoin de savoir qu’elles ne sont pas seules dans leurs problèmes intimes et que c’est en dénonçant ce genre de pratique que nous faisons aussi avancer les mentalités.

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5 Commentaires

  1. Je suis passée au stérilet aussi, parce que j’étais persuadée que la pilule m’avait fait beaucoup grossir. Par moment j’avais des baisses de libido aussi et avec le stérilet franchement c’est juste le pied. Sur tous les points !!! 🙂

  2. Hello !
    Bravo pour ce bel article.
    Il résonne un peu pour moi pour plusieurs points :
    1) Ma relation avec les gynécos : la première gynéco était une femme d’une cinquantaine d’années. Je venais consulter pour un truc très basique, une infection urinaire. J’en faisais assez souvent. J’avais 18 ans, un copain depuis 6 mois. Elle me sort : « je peux rien faire pour vous, c’est de votre faute, vous n’aviez qu’à aller aux toilettes après l’amour » « Buvez beaucoup d’eau, ça passera ». Je ressors de là en pleurant, car ça m’handicapait beaucoup. De plus, elle avait réalisé mon premier frottis de manière très brutale… Suivant ses conseils, je ne fais rien de spécial pour mes infections, qui deviennent de plus en plus régulières, jusqu’à plusieurs fois par semaine. 2 mois plus tard, je m’en souviens car c’était le 24 décembre, j’en pouvais plus, j’étais pliée en deux avec la douleur… J’en parle à ma soeur, qui me dit qu’il suffit juste de prendre un médoc en pharmacie et que ça passera. Effectivement, j’y suis allée, j’ai pris ce médoc, et depuis je n’en n’ai plus jamais fait…J’ai vécu plusieurs mois de douleurs pour rien. J’ai attendu au moins 3 ans avant de retourner chez un gynéco…

    2) Un dermato m’a prescrit une pilule, la fameuse, la Diane 35 quand j’avais 15 ans et une forte acné. Je l’ai pris pendant 7 ans ; j’ai arrêté l’année dernière quand il y a eu la découverte d’effets secondaires très graves liée à cette pilule. Et là !!! Redécouverte de ma sexualité. ça n’avait plus rien à voir. Ma libido était décuplée 😉 (je précise que je suis avec le même garçon depuis 7 ans, donc ce n’est pas lié à ça). Depuis, on est repassé aux préservatifs, et j’ai arrêté toute contraception hormonale… Je n’ose pas retourner chez un gynéco maintenant, j’ai peur de leurs discours… ;-(

    Litoge

  3. J’ai également vu ces derniers jours sur internet les témoignages de jeunes femmes sur leurs relations avec le corps médical. C’est vrai que certains professionnels de la santé et en particulier les gyncéologues ne font pas dans la dentelle et sont parfois très insensibles alors que la patiente aimerait avoir une écoute de leur part. Moi aussi j’ai eu plusieurs gynécologues pas forcément très à l’écoute ou complétement à côté de leurs pompes au niveau réponse voir pas très délicat (j’ai une gynéco qui m’avait très mal lors d’un frotti et j’ai été un peu traumatisé pendant plusieurs mois avec une peur au ventre de devoir en refaire un l’année d’après ou alors un autre gynéco qui m’a fait la leçon car je voulais uniquement un renouvellement de ma pillule et qu’en gros fallait que je pense à songer à faire des enfants car l’horloge biologique tournait (je précise que lors de cette visite j’avais moins de 30 ans!)). Heureusement aujourd’hui j’ai trouvé une gynéco à l’écoute et qui a du tact bien que pour avoir un rendez-vous avec elle faut compter six mois. Ce serait bien que les nouveaux gynécologues fassent plus attention au niveau psychologie de leurs patientes.

  4. Bonjour,
    Je viens de découvrir votre blog après vous avoir suivi sur mademoiselle dentelle et j’ai littéralement dévoré chaque article 🙂
    Je me retrouve beaucoup dans cet article, j’ai toujours eu une relation pas terrible avec mes gyneco, et comme je passe mon temps à déménager c’est pas facile d’un trouver un bien, le seul qui m’a réellement écouté est malheureusement parti à la retraite.
    J’ai commencé la pilule très jeune (15/16 ans) , le jugement des gynéco n’est pas facile à supporter, j’avais de très nombreuses mycoses vaginales (sooo sexy), je suis allé voir 2 gyneco en 3 ans de douleurs, j’en avais une au moins 1 fois par mois, on m’a fait culpabiliser car j’avais commencé le sexe trop tôt et que c’était pour cette raison que j’avais des mycoses…
    Je passais ma vie chez mon gyneco pour me prescrire des traitements qui ont bousillé mon corps et ma libido…
    Jusqu’à ce que je déménage et que mon nouveau gynéco propose de me changer de pilule, la libération ! Plus aucunes mycoses ! Et dire que c’était si facile…
    Après j’ai voulu essayer limplant contraceptif parce parce j’oubliais souvent ma pilule. C’était top mais j’ai pris 10kg… Je l’ai enlevé 2ans plus tard pour repassé à la pilule (et tenté de maigrir un peu).
    Avec la 1ère, gros problèmes de libido mais mon gentil gynéco est maintenant à la retraite…
    Je vais en voir un autre, pour lui ce n’est pas lié à la pilule et la polémique autour des pilules est complètement infondée… Je ressors bredouille…
    Je retente ma chance avec une autre gynéco quelques temps plus tard, sans grande conviction elle accepte de changer ma pilule, ça n’a pas vraiment résolu mon problème de libido mais au moins maintenant ma pilule me coûte rien !
    Depuis presque 2 ans c’est ma généraliste qui me prescrit ma pilule. Je n’ai pas fait de frottis depuis au moins 3 ans.
    Il va bien falloir que je retourne chez le gynéco mais je ne sais plus où aller…
    Je rêve d’un gynéco à l’écoute, surtout que je sais que d’ici 1 an ou 2, mon chéri et moi allons commencer les essais pour avoir un bébé et j’aimerais vraiment avoir un bon gynéco pour me suivre durant cette période.
    D’ailleurs, si quelqu’un connaît un bon gynéco (homme ou femme d’ailleurs) sur Paris ou proche banlieue sud, je suis preneuse !
    Voilà mon histoire gynéco 🙂
    Désolé pour le roman !
    Bon Dimanche !

  5. Bonjour Madame Sourire.
    Je découvre cet article en même temps que ton blog, après t’avoir suivi sur Mademoiselle Dentelle :mrgreen:
    Ton article est génial, j’ai faillit vivre la même chose. Heureusement pour moi je suis prof de SVT, je connaissais du coup les différentes méthodes et leurs effets possibles.je n’ai du coup meme pas demandé l’avis de ma Gyneco, je ne voulais plus d’hormones, point final.
    Par contre, depuis cette mauvaise expérience avec la pilule, j’essaye de sensibiliser mes élèves à l’importance d’écouter son corps, de se faire confiance et de ne pas hésiter à dire non, ou à exiger quelque chose d’un médecin.
    Mais j’ai aussi découvert un site, celui de Martin Winckler. C’est un généraliste qui, par l’obligation, exerçant en milieu rural, s’est spécialisé dans la Gyneco. J’aime beaucoup ses coups de gueule contre certains de ses confrères, et par la meme de bons conseils pour nous les femmes.

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