J’ai testé pour vous : être prof TZR dans le 93.

Alors oui, dis comme ça, tu ne comprends rien à mon titre. Et c’est normal.

Prof’ = jusque là tu vois bien. C’est une personne qui tente de transmettre son savoir. Tu en as vu quelques uns entre 6 et 16 ans, le temps de la scolarité obligatoire.

TZR = ça devient plus complexe. Titulaire en Zone de Remplacement. Wah. Ça en jette quand même ! Je suis titulaire de la fonction publique (j’ai donc réussi un concours et une année de stage) et j’ai la chance… De ne pas avoir de poste. Donc je remplace. Mes remplacements ne concernent pas que les profs malades, absents, enceintes ou autres. Je suis aussi le bouche-trou des établissements. Un prof doit faire 18 heures de présence obligatoire face aux élèves (sauf si il est agrégé mais c’est une autre histoire). Seulement, comme toute entreprise, les collèges et lycées n’ont pas 18 heures pile poil multiplié par X prof. C’est normal. Donc je suis le bouche trou de ces 6 heures, 9 ou 12 heures dans un établissement où un poste n’est pas créé.

Mais si je fais 6, 9 ou 12 heures dans un établissement, et que je dois faire 18 heures obligatoires, tu piges vite que je dois donc être présente 12, 9 ou 6 heures dans un autre établissement.

Bah oui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne suis pas payée à rien foutre. (Je suis un peu vulgaire non? Je vais tâcher de soigner mon langage pour la suite… ). Je suis donc prof’ dans deux établissements cette année. Les chanceux.

93 = le numéro de département de la Seine Saint Denis. Au nord de Paris. Genre la banlieue. Genre la vision d’un parisien (que je suis) quand tu lui parles du 9.3.

Seine-St-Denis

Avant toute chose, je ne suis pas à plaindre : j’ai choisi de travailler dans ce département. J’ai eu envie de me sentir utile et je me trouvais bien plus utile dans ce département qu’ailleurs. Et surtout j’aime me confronter à des milieux que je ne connais pas et à des cultures qui ne sont pas les miennes.

Mais bon, aujourd’hui, on ne va pas parler ni des bouleversements et des questionnements que mes élèves m’apportent, ni des clichés tenaces sur les profs et sur mes élèves. J’aimerais te parler tout simplement de ma situation, qui n’est pas facile, facile depuis la rentrée.

Je suis donc sur deux établissements. Je suis en collège dans une ville X avec des Cinquièmes et dans un lycée dans une ville Y avec des Secondes.

Quant on ne travaille pas à l’E.N (ou Éducation Nationale), on peut sûrement ne pas comprendre ce que ça veut dire. Ça veut dire que j’ai deux fois plus de collègues, de chefs, de gestionnaires et donc deux fois plus de noms à retenir. Cela veut dire aussi que parfois je ne sais plus comment rentrer dans mon ordinateur parce que j’ai mélangé mes identifiants collège avec ceux du lycée. Ça veut dire aussi que je ne peux pas être à certaines réunions parents/professeur, parce que de l’autre côté j’ai cours jusque 18H35 au lycée. Je rate aussi des conseils de classe et que je ne peux pas défendre le petit Kevin qui a fait de réels progrès dans ma matière depuis quelques semaines.

Au collège, je n’ai que 6 heures et donc deux classes. J’ai deux classes de cinquièmes. Ils sont 24 par classe. C’est sécurisant pour moi, parce que j’ai vécu exactement la même situation l’année dernière. Ils sont turbulents, mais je les aime bien. Ils travaillent bien en groupe, ils m’écoutent, ils sont volontaires. Ils disent que je suis juste mais gentille. Ils doivent le dire à des tas d’autres profs’, mais c’est ma petite satisfaction personnelle.

Au lycée, ça se complique. Notre lycée vient d’ouvrir. Nous demandons deux labels un peu spéciaux : celui d’établissement innovant et celui d’établissement numérique. Pour le numérique, on repassera : à l’heure actuelle, nous n’avons toujours pas de vidéo-projecteurs (et pendant un temps nous n’avons même pas eu de photocopieuse… ). Les ordinateurs arrivent petit à petit. Et comme on dit dans les couloirs du lycée : « Rome ne s’est pas faite en une journée« .

Pour l’innovation, j’ai de la chance. Je suis dans une super équipe de prof’, qui ont envie de donner envie aux élèves et qui cherchent des méthodes pour cela. L’année dernière, je me suis passionnée pour toutes ces nouvelles méthodes : travail de groupe, utilisation des téléphones portables pour des recherches, classes inversées, méthodes différenciées selon le niveau des élèves, mise en avant des compétences plus que du savoir académique.

Mais voilà, cette année, on a eu une surprise : le rectorat nous a mis 35 élèves par classe. Trente-cinq.

Alors oui, peut être que toi, tu as connu cela, et tu te dis que ce n’est pas la mer à boire. Oui mais tu as peut-être fait tes études dans un cadre « privilégié », où tu avais appris ton « rôle » d’élève rapidement (lever la main avant de parler, écouter le professeur, bavardages discrets, prisse de note…). Ce n’est pas le cas de mes élèves.

Mes élèves sont très sympathiques et ne sont pas du tout agressifs ou quoi que ce soit d’autres. Juste, ils me fatiguent à me couper la parole, à se chamailler à longueur de journée. En plus, comme ils viennent de faire dix années de cours peu différents de ce qu’on a vécu, ils sont très étonnés du nouveau fonctionnement. Ils contestent, ils font barrage, ils nous provoquent. Et c’est normal. Mais être professeur, ce n’est pas seulement donner son savoir et s’en aller. Ce sont de vraies relations humaines. J’essaye d’avoir une relation avec tous mes élèves, de savoir où ils en sont dans leurs futures vies d’adultes.

J’ai trois classes de Secondes, ce qui me fait neuf heures de cours. Si tu comptes bien : 6 +9 = 15. Il manque trois heures…

Au lycée, on a mis en place plein de dispositifs pour aider les élèves : je fais de l’accompagnement personnalisé sur une douzaine d’élèves, où j’essaye de suivre leurs parcours, leurs comportements, où je les aide à travailler le français. Je fais aussi un cours d’interdisciplinarité : avec la professeure de SES (Sciences Économique et Sociale), nous avons choisi un thème hors programme et pendant six semaines, une classe travaille à fond dessus. Puis je fais aussi des études encadrées, pour les aider à faire leurs devoirs. Enfin, j’ai toujours une réunion le vendredi de deux heures pour me concerter avec mes collègues.

Et mes trois heures sont complètes. Je dépasse même. Au lycée je fais 17H15 de présence face aux élèves. Soit presque un temps plein. Mais comme toutes les activités que je viens de te citer sont considérées comme des activités qui ne correspondent pas à ma matière, et bien, je suis payée la moitié du temps, parce que je n’ai pas de copie à corriger. Ce qui fait que je fais  23 heures 15 de travail, payées 21 heures.

Mes journées sont plus que pleines. Le lundi et jeudi matin, je suis au collège, où j’essaye de m’intégrer tant bien que mal. J’ai 45 minutes de trajet entre mon collège et mon lycée. Parfois j’ai 15 minutes pour manger et une après-midi entière de cours jusqu’à 18H35.

La gestion de la fatigue est mon plus gros problème depuis la rentrée. Quand je rentre le soir, je ne peux pas corriger mes copies ou faire mes cours. Je dois donc anticiper. Mais, c’est plutôt un échec depuis septembre.  Je dors très mal parce que je pense à toutes les choses que je dois faire, comme ne pas oublier mon code internet pour le collège. Résultat : je n’ai jamais été aussi malade que depuis septembre.

Je sais que j’avais dit que ce blog ne servirait pas pour se plaindre et surtout il servirait pour te donner le sourire. Mais j’avoue que le sourire, j’ai dû mal à l’avoir depuis quelques semaines. C’est même très compliqué.

J’ai l’impression de ne plus voir mes proches, de rater des choses essentielles. Le week-end, je travaille pour rattraper mon retard et pour faire en sorte de ne pas trop galérer la semaine. Si je sors un soir, ce sont mes élèves qui y perdent, car le lendemain, je suis fatiguée et je n’ai pas de patience. Donc pas de patience = pas de tolérance au bruit et donc => dehors.

Sauf que ce n’est pas en mettant les élèves dehors que je les fais progresser.

Alors, si tu n’as pas de nouvelles de moi pendant une semaine, ne t’inquiète pas : je suis juste en train de faire mon métier. Et parfois, ça me pèse.

J’ai testé pour vous : être prof’ TZR dans le 9.3. Et je ne vous le recommande pas.

 

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41 Replies to “J’ai testé pour vous : être prof TZR dans le 93.”

  1. Je connais cette problématique car j’ai pas mal de profs dans mon entourage.
    Par contre, je n’imaginais pas toutes ces contraintes.
    Je donne des cours en tant que vacataires mais il s’agit d’étudiants de Master ce qui fait qu’ils sont globalement plus sages. Je dis globalement car j’ai toujours une dizaine d’élèves qui s’en vont durant la pause. Ça fait un peu mal au coeur, on se dit qu’on ne les intéresse pas ! Mais je n’ai pas de problèmes de discipline.
    J’adore enseigner mais par contre je déteste les concours, c’est pour ça que je n’ai pas fait professeur. Cela me bloque totalement.
    J’admire beaucoup ton courage et je comprends ta fatigue, c’est totalement humain. J’espère que tu arriveras à trouver ton rythme.
    Bon courage.

  2. Je suis aussi entre deux établissements cette année et c’est une vraie plaie, j’ai 15 heures seulement (j’avais demandé une mutation que j’ai eu donc je vais pas me plaindre), mais j’ai déjà raté une réunion car j’avais mal noté, bref c’est pas évident je te comprends!!

    1. Bon courage à toi pour cette année !
      Les deux établissements c’est la plaie (et mon établissement de rattachement est encore un autre établissement… BRAIF !)
      A très bientôt et merci pour ton commentaire !

  3. C’est clair que ça n’a rien de simple.
    Mais ce qui transpire dans ton texte c’est que tu prends ton boulot à cœur et que tu es très impliquée auprès de tes élèves. Et ça c’est pour moi ce qu’il y a de mieux quand on exerce ce métier. Pas seulement transmettre un savoir ou mener à bien à programme. Mais bien aider les élèves à se construire et à devenir, les considérer dans leur globalité et pas seulement en en tant qu’élève,..

    Je dirige une association d’éducation populaire (complémentaire à l’école) donc je bosse souvent en lien avec les enseignants. Et tous ne sont pas comme ça.
    Merci à toi.

    1. Merci beaucoup de ton commentaire !
      Ca fait du bien aussi de voir des parents s’investir et je connais bien les structures d’éducation populaire qui sont vitales dans certains territoires et plus qu’utiles dans tous les autres. Je te félicite de ton engagement et j’irais voir ton blog.
      Mais de toute façon ton pseudo est déjà un régal pour moi 😀

      A très vite !

  4. Je suis prof des écoles dans une « petite » ville de Bretagne et si j’adore mon métier, parfois je n’en peux plus… mais punaise, des articles comme le tien ça me fait relativiser tout de même… bonne continuation à toi dans cette année scolaire mouvementée, chère collègue 🙂

    1. Chère collègue,

      Merci de ton commentaire et je te souhaite le meilleur dans ce petit village de Bretagne. Tu sais, je dis souvent que je serais aussi utile en banlieue qu’en campagne : avec les doubles niveaux, le non-accès à la culture pour certains et les conditions sociales très compliqués pour certains parents, nous avons un peu les mêmes élèves. Alors bon courage à toi !

      A très vite !

  5. J’ai été ZIL dans le 94 (mais en élémentaire)… La « zone violence » était aussi mon choix. J’en ai pas mal parlé sur mon blog.
    Aujourd’hui j’ai un poste et j’suis tellement contente que je m’investis beaucoup (trop)….
    51 heures par semaine ma p’tit dame (eh ouais, maintenant je compte…)

    1. Bonjour Agoaye !

      Je vais donc aller voir ton blog tout de suite pour regarder tout cela ! Je sais que dans le primaire, la guerre est réelle pour les postes et que sur certaines zones, on peut attendre longtemps. Très longtemps.
      Notre investissement personnel est aussi la seule reconnaissance que nous pouvons avoir.

      Je te souhaite une douce soirée ! A bientôt

      1. J’ai attendu 4 ans… Mais j’en enfin le poste que je voulais.
        (comme tu es poliiiiiie dans tes réponses au commentaires dis-donc -voir celui sous moi- ) 😉

        1. Ma maman m’a toujours appris à être polie. Alors je le suis. 😉

  6. En attendant, y’a des gens qui se lèvent à 6h du matin pour des jobs bien plus ingrats et bien moins reconnus socialement, des personnes qui travaillent 90h par semaine pour essayer de sauver leurs entreprises et les emplois qui y sont attachés, submergés de stress… Alors je crois qu’il faut relativiser, y’a pire comme situation… non ?

    1. Bonjour Chanelle !

      Je trouve très intéressant ton point de vue et je m’y attarde quelques minutes si tu le permets.
      En ce qui concerne mes heures de levée, pas de bol, je suis autour de 6 heures du matin. Mais je crois qu’on ne fait pas un concours de celui qui se lève le plus tôt, non ?
      Ensuite, je suis d’accord avec toi que mon métier n’est pas celui qui est le plus mal reconnu socialement. En revanche, il fait parti des métiers que 9 français sur 10 ne voudraient pas faire et les différentes campagnes pour susciter la « vocation » depuis quelques années, et surtout leurs échecs, montrent que cette soi-disant aura est bien en train de baisser. Et cela depuis les années 1990. D’ailleurs les clichés sont très durs sur cette profession.

      Pour te rassurer sur le fait que je ne me plains pas, mais que je raconte une expérience : je suis d’accord avec toi qu’il y a bien pire, et que je le reconnais assez bien puisque ce sont souvent les parents de mes élèves. En revanche, ce qui est inquiétant dans mon expérience, c’est que l’Education Nationale met des professeurs dans des situations où ils ne peuvent pas enseigner correctement. Et même si je ne suis pas en train de sauver la France, et que je ne crée pas de la richesse dans l’immédiat, je suis quand même en train de former les futurs citoyens et les futurs travailleurs de demain.

      Pour terminer, écrire c’est aussi relativiser et se rassurer. Je te remercie donc de ta compréhension et te souhaite une excellente journée !

    2. Prof est un job ingrat. On se fait taper dessus, parfois littéralement, parfois métaphoriquement, toute la journée. Par nos élèves, par nos supérieurs, par nos collègues, par la société, par les médias, par nous-mêmes. Et ce n’est pas DU TOUT reconnu socialement… Qui veut encore enseigner de nos jours ?
      Profs et stress vont ensemble. Et encore une fois, on oublie qu’un prof travaille plus que son temps de présence devant les élèves. Les employés lambda font leur journée de 9h à 18h. En ajoutant à cela le temps de préparation, de correction, de feedback et d’administratif, on travaille bien plus que ce qui n’y paraît. Y a pire, effectivement, mais c’est difficile d’en parler si généralement sans l’avoir vraiment expérimenté…

      1. Bonjour Kenza,

        Oui la violence est bien réelle dans notre métier, car il est fait à 100% de relations humaines. Je suis toujours étonnée de voir que c’est un métier méconnu et très dévalorisé. La faute à qui ? Je ne sais pas trop.
        En tout cas merci de ton commentaire et à bientôt

  7. Sincèrement je te tire mon chapeau, car à ce que je vois, entends et comprends, c’est un énorme challenge de faire prof de nos jours.

    Et j’aimerais pas me coltiner les gamins des autres, alors en TZR. Respect !

    Je me demande si on répondait autant quand on était gosse ou qu’on manquait autant de respect que ça à nos profs ?

    1. Bonjour Jordane !

      Merci beaucoup pour tes encouragements !
      Je ne sais pas si e climat scolaire a beaucoup changé. Personnellement, je n’ai jamais eu de grandes envolées pendant mes années collège/lycée. Je crois qu’au lycée, je taquinais pas mal mes profs, mais pour le plaisir de la joute verbale. Mes élèves sont pareils. Ils ne sont pas méchants pour un sou, mais ils adorent jouer et le langage est très très important pour eux. C’est pourquoi parler de manière très soutenue les déconcerte beaucoup.
      Ils seraient cinq de moins par classe, je crois que je serais la plus heureuse ^^

      Merci en tout cas et à très bientôt !

  8. Je me réoriente après un master et je suis en train de passer le capes… Et finalement, je suis contente de le passer dans l’Oise x)
    (même si ça me fait un peu peur quand même en fait)

    1. Bonjour Clémentine !

      Tu passes le CAPES de quoi ? Je te souhaite en tout cas beaucoup de réussite dans notre si beau métier !

  9. J’étais prof en Angleterre et je ressentais la même chose. Comme toi je pense qu’être prof ce n’est pas qu’une transmission de savoir et tu as parfaitement raison lorsque tu dis que les relations humaines sont importantes.

    Comme toi je ne trouvais plus le temps de rien, je ne pensais q’à ce que je devais faire (ou ce que j’avais oublié de faire). Mes nuits étaient courtes, mes week-end chargés mais quelle satisfaction de voir les élèves progresser. La pression dans cette profession est énorme et je pense qu’il faut être prof pour le réaliser. Mes nombreux désaccords avec les méthodes d’enseignement (les élèves ne sont que des « numéros »), l’influence des politiciens sur l’éducation , la fatigue, la frustration de ne pas avoir de temps pour moi et surtout pour mes proches ont finalement eu raison de ma motivation initiale.

    Hélas c’est un véritable phénomène ici, et de plus en plus d’écoles recrutent des professeurs non-qualifiés pour stopper l’hémorragie mais ce n’est pas juste pour les èlèves. J’ai aujourd’hui quitté mon job, je bosse dans un bureau de 9h à 17h30. C’est bien moins intéressant mais quelle satisfaction de pouvoir profiter de mon temps libre même je dois avouer qu’enseigner me manque…(ce n’est pas un métier mais une vocation)

    Je te souhaite beaucoup de courage. Bises

    1. Bonjour Marion,

      J’entends de plus en plus d’histoire de profs passionnés qui se retrouvent broyer par le système et je t’avoue que cela me fait assez peur. Et beaucoup réfléchir sur notre profession. Des fois, j’ai envie d’aller m’installer dans le Larzac pour élever des chèvres mais ça me parait aussi compliqué d’abandonner mon Grumpf sur place. Je me demande dans quoi tu t’es reconvertie… Non parce que j’entends beaucoup bibliothécaire, archiviste… Et toi?

      A très bientôt

  10. J’espère que tu profites bien de tes vacances pour te détendre, sortir et prendre un peu d’avance alors 🙂 Je suis comme toi cette année T1 et TZR (mais dans le 6.2 pour mon cas) et je suis sur trois établissements (ouep, ouep, pour le prix de 2, le 3e était offert)

    Du coup, je comprends parfaitement ce que tu vis, la situation que tu décris.
    En septembre, je me levais tous les matins à 5h20 pour aller travailler, et j’avais beaucoup de mal à gérer la fatigue, devant les élèves, mais également sur la route, au volant quand je devais faire mon heure de route pour aller au bahut. J’ai même décidé de déménager (j’habitais dans un autre département) pour me rapprocher un peu. Lundi, je pourrais me lever à 6h00 \o/
    Du coup, il est également hors de question pour moi de travailler le soir en rentrant, je ne peux pas, je n’ai pas le temps, car généralement je me couche vers 21h30/22h pour tenir la route le lendemain (autant te dire que les sorties en semaine, c’est hors de question.) Je profite du mercredi après midi et de mes samedis, dimanches pour m’avancer au maximum… et sortir le soir en weekend (parce que voir des amis, ça fait aussi beaucoup de bien)

    Mais au moins, j’ai la chance de ne travailler que dans des collèges, où finalement les préparations demandent moins de travail (à ce qui paraît, mais je n’ai pas de point de comparaison)

    Sur ces mots, je te souhaite bon courage pour la période à venir, profite bien de ton weekend, et reprends des forces 🙂

    1. Ah oui toi tu as eu le combo trois établissements ! Wouhou ! Moi ils m’ont mis un troisième mais surtout pour le côté administratif : genre un établissement de plus pour gérer mes payes et mes mutations, de préférence pas à côté de mes heures principales… C’est plus drôle.

      Au lycée, je te confirme la masse de travail et surtout un nombre incroyable de copie à corriger et pas du genre 6ème.. Genre paragraphe argumenté. C’est joie et bonheur !
      En tout cas bon courage à toi et n’hésites pas à repasser par ici pour un peu te détendre !

      1. Oui, moi aussi j’ai un 4eme établissement, qui est mon établissement de rattachement administratif, c’est un lycée pour le coup (et heureusement, le secrétaire qui s’occupe des TZR est une crème)

        J’ai mis ton blog dans mes favoris, je n’hésiterai pas à y repasser 🙂

  11. Bonsoir,
    Je viens de lire ton article et je compatis grandement.
    Je suis PES (prof des écoles stagiaire) donc niveau élémentaire. C’est ma première année, j’enseigne à mi temps à des CM2 (le reste du temps nous avons une soi-disant formation qui ne nous sert strictement à rien outre nous faire perdre du temps). Je compatis parce que oui nous sommes véritablement débordées de boulot. Je m’y étais préparée et pourtant c’est pire que ce que j’imaginais. Je pense aimer mon métier hein, je me trouve utile et j’aime enseigné, mais c’est beaucoup moins simple qu’on ne peut l’imaginer.

    Quand je lis les commentaires sur ton blog, la plupart disent comprendre la situation. C’est bien, beaucoup ne la comprenne pas. J’ai aussi lu le commentaire disant que bon, yavait pas vraiment de raison de se plaindre. Et ça ça me hérisse un peu le poil. Une profession reconnue nous ? Nan mais laissez moi rire. A longueur de journée on entend « quoi, en octobre, déjà des vacances ? Punaise c’est cool d’être prof ! » et j’en passe. Alors oui, on a des vacances, bien plus que quelqu’un bossant en entreprise (j’y ai bossé, je sais donc ce que c’est) mais attendez, vous croyez quoi, qu’on est à l’île maurice les orteils en éventail ? Déjà nous sommes profs, l’île maurice nous pouvons donc oublier (en élémentaire, prof des écoles donc, je crois que nous avons un des salaires les plus bas d’Europe ou quelque chose comme ça … pour un bac +5 c’est dommage mais après tout on ne fait pas ce métier pour l’argent). Et puis les vacances certes c’est plus cool qu’en temps normal, mais pour ma part, je passe quand même une très grande partie de mes journées à bosser. On tente tant bien que mal de s’avancer le plus possible. Bhin oui, faut les occuper ces gamins. En maternelle c’est quasi une activité toutes les 10 min. En CM2 c’est moins, sauf quelles sont plus longues et doivent être beaucoup plus étoffées sinon ils s’embêtent les loulous. Alors oui, l’essor d’Internet blablabla … vous croyez qu’on pompe tout sur le net ? Certains peut être, les 3/4 non. On s’aide, évidemment, mais ça ne nous fait pas nos séances, absolument pas. Et encore une fois, comme disait un de mes collègues, si c’est un métier « cool quand même « faut pas hésiter, c’est un concours ouvert à tous 🙂

    Bon courage en tout cas 😉

    1. Merci de ton commentaire et de ton retour d’expérience.
      Je suis d’accord avec toi qu’il y a beaucoup de personnes qui ne reconnaissent pas notre profession, et qui ne se rendent pas compte que nous sommes aussi des « victimes du système ». C’est sûr que le prof dans un grand lycée parisien semble plus appartenir au système qu’à en être une victime.
      Ce qui me pose carrément soucis, c’est que les années de galère seront vite oublier le jour où on aura un vrai poste… Mais d’autres prendront notre place. Cela fait trop longtemps que ce petit manège dure et je commence à en avoir ras le pompon pour tout te dire. Je crois que je ne ferais pas partie de ces profs qui vont oublier cette expérience sous prétexte d’un nouveau confort. J’ai détesté qu’on me dise « Ah bah oui, mais c’est comme ça, tout le monde y passe ». Est-ce la troisième sélection naturelle qu’on subie après le concours et le stage ? Je n’ai pas envie de croire cela et j’espère pouvoir me battre contre ça dans les années à venir.
      Bon courage à toi et merci pour tout !

  12. Oulalala, je suis de ceux et celles qui avaient pour habitude de critiquer les profs et leur vie peinarde et toute tranquille. Il faut avouer que j’étais souvent en décalage avec l’école, j’appréciais apprendre de nouvelles choses mais je trouvais le système pesant. Il faut dire que j’ai toujours préféré le sport aux math.
    Bon, je ne vais pas épiloguer sur le sujet.
    Tout ça pour dire, que depuis un bon moment déjà, je me rend compte que le système vous utilise comme bon lui semble, pendant longtemps je jetais la pierre aux profs parce que je ne savais pas à quel point l’EN profite de vous. Après comment aller au boulot sans être blaser.
    Je vous souhaite beaucoup de courage, joli texte et surtout continuez à dénoncer ces aberrations.

    1. Bonjour Brioche,

      Merci de ton commentaire que je trouve très honnête et pour te rassurer : tout le monde a des préjugés sur telle ou telle profession. Et souvent on évolue. Pour les profs, c’est surtout parce qu’on a un ressenti depuis la petite enfance de ce que c’est un bon ou mauvais prof, et surtout on a eu l’impression que nos profs ne faisaient pas grand chose. Alors forcément, on pense que c’est un métier facile.

      En tout cas merci pour tes encouragements et oui, je vais continuer à dénoncer ces aberrations !
      A bientôt

      1. pour tout te dire, j’ai des profs qui m’ont changé la vie… J’en voulais beaucoup à certains de ne pas me voir comme j’étais réellement et de ne pas m’apprécier. Je n’étais pas insolente ou méchante mais plus décalée.
        Ces profs en question étaient les profs de français, très jeune ma passion après le sport était la lecture, ils adoraient me parler mais ne pouvaient rien faire face aux autres profs parce que j’étais vraiment nulle et fumiste.
        J’ai réalisé après qu’en fait un prof n’ai pas un méga super héros qui est capable d’empathie auprès de 35 élèves mais plus une personne qui va s’arrêter là où il peut faire quelque chose. Nous avons tous selon nos matières de prédilections un souvenir positif avec le prof de cette matière.
        Le problème est que les parents ne vous soutiennent pas parce qu’ils pensent tous que leurs enfants sont des génies et que vous n’être pas capable de les stimuler et d’un autre côté vous êtes les esclaves de leur avenir.
        Avec mes enfants, je fait en sorte qu’ils s’appuient sur nous parents pour les épanouir puisque c’est notre rôle de parents et que les profs soient là pour leur apprendre des matières.
        Alors courage et continue..

  13. Oh comme je te comprends…

    Je ne suis pas TZR mais en poste fixe dans un collège ZEP, du boulot par dessus la tête et parfois être prof, c’est dur. Je n’ai pas testé, comme toi, le boulot de prof dans le 93 mais dans un département rural de Champagne. Les problèmes sont différents mais la finalité semble être la même.

    Comme toi, j’avais du mal à dormir, j’étais très fatiguée et malade, je me couchais tard pour finir mes copies, mes cours. Comme toi, mes proches me reprochaient de ne jamais pouvoir sortir, faire des choses avec eux…

    On dit qu’il faut 5 ans pour commencer à sortir la tête de l’eau. Je commence un peu à m’y retrouver (au bout de 4 ans), en ayant une base de cours préparés, une meilleure organisation qui se gagne grâce aux années, et surtout en ayant acceptée de « lâcher » certaines choses. Il faut accepter de ne pas pouvoir tout faire (et je sais que c’est dur !!!) si on désire se préserver un peu de temps pour soi et sa famille.

    Je te souhaite de tenir le coup jusque là car une fois que tu trouves ton rythme de croisière, tu as l’impression de faire le plus beau métier du monde !! (malgré les « ah t’es prof, c’est cool t’as plein de vacances et tu bosses que 18h…XD)

    Bon courage à toi Madame Sourire !

    1. Merci beaucoup de ton retour d’expérience !
      Je connais bien la Champagne (pour y avoir vécu 18 ans) et, je le répète, je ne pense pas avoir le monopole des élèves difficiles. Le milieu rural est aussi propice aux situations sociales complexes et je comprends parfaitement que tu puisses avoir beaucoup souffert les quatre premières années.
      J’espère pouvoir faire passer cette première année le plus facilement possible. Sans laisser trop de plumes.

      A très vite !

  14. Quelle plaisir de voir que tu as créer un blog. J’ai suivi tes chroniques sur Melle Dentelle avec attention (je suis aussi champenoise) et là, je découvre que tu es professeur (moi aussi !). Du coup, j’ai hâte de lire tes prochains articles.
    Je suis totalement d’accord avec toi sur l’investissement que demande le métier (pourtant je suis dans un collège rural !) et l’importance des relations humaines. C’est un métier passionnant mais prenant 🙂

    1. Ooooh! Ca fait plaisir ! Une champenoise et une prof !
      Je crois vraiment que ce n’est pas la place qui crée l’investissement mais bien l’envie de faire bien son métier.
      Je te remercie de ton commentaire et à très bientôt !

  15. Bonjour,
    c’est bien que tu aies fait la une d’HC comme ça je vais pouvoir suivre tes aventures (je me suis abonnée) , en revanche je suis prof de lycée aussi, toujours eu la chance d’avoir des postes fixes (j’ai eu ma fille jeune !) mais je compatis et surtout je t’admire de ta patience angélique face à un certain commentaire désagréable, je lui serai perso rentrée dans le lard ! alors bravo pour ta patience !

  16. Bonjour !

    Je suis prof de Sciences et je suis en poste fixe depuis septembre après 5 ans en tant que TZR donc je comprends et m’identifie à ton article à 100% !
    Je t’ai découverte grâce à hellocoton et je m’abonne avec plaisir à ton blog !

    Bisous.
    Malorie.

  17. Bonjour!

    Merci de cet article instructif, bien que peu rassurant…
    Je suis moi-même professeur de musique mais… en conservatoire. E comme j’enseigne un instrument peu courant, je cumule 3 postes et je n’arrive même pas aux 20h d’un temps plein. Je comprends donc parfaitement la fatigue et le côté « tout est doublé par 2 ou 3 ». Après un rapide calcul, je travaille de manière réelle une petite cinquantaine d’heures par semaines (je n’en suis payée que 18h officiellement.
    Je n’imaginais pas qu’il était possible d’être sur plusieurs établissements de votre côté, ce qui est idiot puisque après tout nous ne fonctionnons pas de manière si différente que ça. 🙂

    Je te souhaite en tous cas plein de bonnes choses (je suis née et je vis encore dans le 93, et nous avons plein de choses à donner, simplement souvent beaucoup moins de moyens pour le montrer!)et bon courage pour cette année!
    Sarah

  18. C’est pour toutes ces raisons que je n’ai jamais passé le concours et que j’ai préféré rester dans le Sud et créer mon emploi. Bon courage à tous les enseignants, ce sont les héros des temps modernes. Des éducateurs souvent plus que des enseignants hélas.

  19. Ce que tu décris là : plus de temps, fatigue intersidéral, cervelle qui ne sait pas faire OFF, je crois que ce n’est pas le quotidien d’un TZR dans le 93, je crois que c’est le quotidien de tout nouveau prof. Et, je ne sais pas si ça va t’aider à court terme mais sache une chose : ça passe. Déjà, je suis certaine que tu vas commencer à surnager dès la rentrée, et tu vas trouver tes marques, tu vas prendre des habitudes qui font gagner en temps (renoncer à sortir pdt les période de boulot peut-être ? perso, c’est ce que j’ai fait…). Et un jour, tu seras une (+ ou -) vieille prof et tu écouteras / liras une nouvelle recrue dire à quel point elle est débordée, tu auras de la compassion pour elle, mais tu réaliseras que tu as trouvé ton équilibre…

    En attendant, dis-toi qu’il y a toujours mille situations pire que la tienne et focus sur les aspects positifs – ils sont nombreux !

  20. Je suis contractuelle, je compatis à ton état de santé physique et mentale. J’ai connu et connaît encore les mêmes soucis avec en plus celui de l’obtention du concours avant le master obligatoire… bref, une grande pensée pleine d’énergie positive pour toi !

  21. J’ ai lu avec attention ton expérience. Je suis professeur des écoles et directrice en maternelle dans la marne. J’ ai l’ énorme chance d’ avoir des collègues et ATSEMS bienveillantes, des élèves sympas ( certaines années 32 enfants de 3 ans), et des parents agreables. Mais auparavant, j’ ai connu quelques passages en classe unique ( du ce1 au CM2) ou dans l’ enseignement spécialisé. Après 15 ans dans l’ éducation nationale, je m’ insurgé encore que ce soit les plus jeunes enseignants qui se retrouve sur des postes compliqués. Il faudrait donner envie aux plus aguerris d’ aller dans ces classes et laisser les nouveaux prendre leurs marques dans des établissements plus calmes. Peut-être qu’ un jour…en tout cas, conserve ton enthousiasme et la relation humaine que tu as avec tes élèves. Et oui c’ est avant tout un métier humain. Bon courage. Zaza

  22. J’ai travaillé plusieurs années comme ça (remplacements). J’ai craqué.

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