Chercher un appartement à acheter ou à louer : une galère ? Une galère !

Depuis quelques mois, avec Grumpf, on se pose la question de déménager. Non pas que notre appartement ne nous convient pas, mais c’est notre appartement d’étudiant et notre deux pièces de 32 m² commence à faire un peu petit. Surtout quand nos revenus ont été multiplié par trois…

On se sent un peu… Comme des sardines.

Mais comment faire pour acheter ou louer alors qu’on n’y connait rien ? Que les prix nous paraissent démesurer et que surtout on n’a pas envie de se retrouver à la rue à la fin de ce préavis ? C’est l’aventure incroyable que nous sommes en train de vivre.

Pour que tu comprennes bien la genèse du bazar, je vais donc te raconter notre arrivée à Paris il y a maintenant presque trois ans.

Et si on revenait sur Paris ?

Après deux années à Toulouse, Grumpf et moi, nous avions envie de revenir auprès de nos amis à Paris. Attends, je la refais. Après deux années à Toulouse que je n’ai pas du tout aimé même si je me suis faite de supers copains, j’ai poussé/forcé Grumpf à trouver un contrat doctoral à Paris et j’ai demandé à travailler dans l’académie de Créteil.

Mais bon, pas de pot, 2012, c’était l’année de la loose : j’ai loupé mon concours et Grumpf a raté son contrat doctoral.

Mais comme on n’est pas farouche, on n’a quand même décidé de venir habiter à Paris, alors que nous étions encore tous les deux étudiants. Et les galères commencèrent…

Nous avons pris une semaine entière, pour faire des visites. Nos garants sont nos parents : des fonctionnaires, des chefs d’entreprise. Nous sommes le fruit de famille de classe moyenne. Nous avons déposé douze dossiers sur quatorze visites. Autant te dire qu’on n’a pas été trop regardant et qu’on a presque déposé à chaque fois. Et bien nous avons eu onze refus. Nous avons été pris pour un appartement mais finalement, le propriétaire a préféré donner l’appartement à une de ces connaissances. Nous étions le 10 août et nous avions eu douze refus. Notre préavis à Toulouse se terminait le 1er septembre. AH AH AH.

J’ai donc appelé un pote dont le père a une agence immobilière. J’ai un peu pleuré. Il nous a trouvé un appartement que nous n’avons pas visité et nous avons atterri dans ce deux pièces que nous habitons depuis septembre 2012. On a de la chance : il est super bien situé, il a été refait à neuf. Une aubaine. Un prix élevé pour nous étudiants, mais moins d’un an plus, nous multiplions nos revenus pas presque trois.

Mais comment on l’a eu cet appartement ? Par du réseau. Par un coup de chance. Pas par le circuit traditionnel.

Autant te dire qu’on est bien refroidi par la perspective de changer d’appartement.

« Et si on achetait ? »

A un moment de ta vie, alors que les loyers parisiens pourraient nourrir une famille de six au Vietnam pendant six mois, voire un an, la question se pose. Nous voulions plus grand. Un trois pièces. Que ce soit pour le bureau de Grumpf pour écrire sa thèse, pour recevoir la famille ou pour… Tu me vois venir. Mais bon, c’est une autre question, que nous éluderons au moment venu.

Si nous voulions un trois pièces dans le 19ème arrondissement, ou à Pantin, (bref dans le nord de Paris), il a fallu nous mettre un budget. Maximum 1 200 euros. (Ne tombe pas de ta chaise, toi qui habites hors région parisienne).

Concrètement, cela nous a fait mal au »luc », comme on dit en verlan. Donner 1200 euros à des gens, soit plus de 14 000 euros par an, ça fait vraiment mal au fion. On le ferra si on doit le faire mais là, on n’a du mal à avaler la pilule.

Alors, nous voilà partis à nous dire : « et si on achetait ? ». En voilà donc une bonne idée ! Deux moins de trente ans, dont un fonctionnaire qui veulent acheter ! C’est pas une bonne idée ?

On commence un peu à rêver, Grumpf franchit le pas et on fait une première visite, d’un super duplex à Pantin. On adore, on est content.

Le rappel de la Banque ou toi aussi rentre en résistance.

Loin de moi l’idée de te dire que quand même, les banques nous font chier. Je connais une banquière sympa, alors au fond je ne pense pas vraiment ça. (On dirait que je suis une raciste de la banque « Non mais au fond je ne suis pas raciste, j’ai une copine noire »… ). Mais quand même.

Nous sommes allés voir plusieurs banques. Soit ils prennent Grumpf en compte, soit non. Va donc expliquer à un banquier que son CDD est une volonté. Qu’il ne pourra pas avoir de CDI avant dix ans si tout se passe bien. Mais qu’après ce contrat de trois ans, il y aura des contrats de un an, peut-être même de six mois. Qu’il pourra être au chômage quelques mois, mais que ça fait parti du parcours NORMAL d’un doctorant et que Grumpf est en plus dans une situation ultra privilégié, vu qu’il a une bourse connue et reconnue et un directeur de recherche connu comme le loup blanc.

Tu peux toujours courir pour que le banquier comprenne cela.

Va expliquer à ton banquier que ton établissement est un peu particulier et que forcément, tu auras toujours des heures supplémentaires, parce que ça fait partie d’un processus et que prendre ton salaire sans tes primes, c’est un peu comme retirer un tiers de ton salaire sans justification.

En gros, tu la sens la grosse merde ?

Entre les taux à plus de 3,5 %, les prêts divisés par deux puisque Grumpf est considéré comme un étudiant et non comme mon mari participant à nos revenus, on n’est pas sorti de l’auberge.

Notre apport, qui serait un bon apport en dehors de la région parisienne, semble être une goutte d’eau et je vois les banquiers se marrer. Ok.

Mais quelle route prendre ?

Nous sommes un peu à la croisée des chemins. Nous n’avons pas de Tata Huguette qui pourrait nous financer ou faire un don. Nous sommes simplement des enfants de classes moyennes. Nous avons réussi à mettre de l’argent de côté, en très peu de temps et nous n’avons jamais eu aucun problème de trésorerie. Et pourtant.

Ce qui m’énerve le plus, c’est le fait que les banques ne prêtent plus. Alors qu’il y a dix ans, elles prêtaient à tours de bras à des gens sans moyens. Aujourd’hui, la machine semble casser, ralentie du moins, surtout depuis l’épreuve de  2008. Mais est-ce de la faute des clients si la machine s’est emballée ? Si les conditions restrictives paralysent le marché de l’achat ? Pour preuve, la moyenne d’âge pour être propriétaire est autour de 37 ans. 37 + 25 ans de prêt = 62 ans, pile au moment de la retraite. (Tu peux lire ce petit papier : https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/23204/version.imprimable.proprietaires.france.fr.pdf)

Que dire de ces banques qui taxent encore plus les jeunes, sous couverts qu’ils sont jeunes et donc débutent dans leurs carrières ? N’est-ce pas le moment d’investir dans les jeunes ? Quelle fierté de voir qu’une banque serait capable de nous suivre, nous qui allons avoir des salaires qui vont encore évoluer, nous qui voulons simplement réaliser nos projets.

Alors qu’allons nous faire ? Perdre plus de 14 000 euros par an et attendre dix ans le temps que Grumpf trouve un poste fixe ? Soit 140 000 euros ?

Ou bien acheter moins cher, plus loin et faire des compromis sur une qualité de vie qu’on veut garder ?

Nous n’en savons rien. Et nous continuons notre réflexion.

(PS : si tu cherches de supers locataires ou que tu veux vendre ton appartement de trois pièces sur Pantin, penses à nous 😉 )

Et toi tu fais comment pour te loger ?

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7 Commentaires

  1. J’ai l’impression de lire ma propre réflexion sur « achat/location » et comme je me reconnais dans ta galère de recherche d’appartement en tant qu’étudiant !!!
    Perso, j’ai tout entendu surtout quand j’ai mis la pression à mon futur mari pour déménager du 3 pièces parisien de ses parents où on payait un loyer dérisoire par rapport aux tarifs pratiqués. Oui, parce que vois tu, c’est débile d’aller payer plus pour plus petit. Oui, mais le fait d’être chez soi, cela n’a pas de prix et je l’aime notre appartement à 1200 euros par mois ! Et tout comme toi, j’aimerais un 3 pièces pour envisager sereinement d’avoir un bébé ou deux.
    Alors oui, on a tous les deux un boulot stable (comprendre en CDI) malgré notre doctorat, mais acheter dans Paris c’est tout bonnement pas possible. Moi non plus je n’ai pas hérité de qui que ce soit et quand bien même, je suis aussi issue de la classe moyenne !!! Et ben c’est pas suffisant et pourtant, on dépense pas beaucoup non plus.
    Alors, je suis dans la même réflexion que toi, et finalement cela me rassure un peu de savoir que je ne suis pas seule !!! 😉

    1. Nous ne sommes pas seules. 😉 (pardon)
      Des gros bisous

      1. Oui c’est clair 😉
        Bisous !!!

  2. ah bah zut … on a connu aussi les galères du jeune couple qui cherche à se poser quelque part, alors je compatis !
    cela dit, ne désespérez pas, car nous aussi je me rappelle de nos premiers entretiens avec des banquiers, tout jeunes et naïfs qu’on était … A les écouter on ne pouvait même pas s’acheter une boîte à chaussures ( c’était il y a 15 ans …), puis finalement on a fini par rencontrer un banquier super sympa qui nous a fait un prêt sans aucun souci,lui,comme quoi …15 ans plus tard on est toujours dans cette même banque, pourtant depuis on est parti vivre à plein d’endroits différents et souvent très loin …On avait donc réussi à s’acheter une petite maison sympa, ce qui nous a bien servi pour la suite ! En ce moment,les taux sont historiquement bas et à priori le marché est plus en faveur des acheteurs, donc ne perdez pas espoir, je suis sûre que vous allez croiser la route du Banquier et en plus, vous pourrez peut être plus facilement négocier les prix quíl y a 4 ou 5 ans !Je croise les doigts !

    1. Merci beaucoup de ton témoignage qui me donne vraiment envie de me lancer. C’est un témoignage positif !

      A très bientôt

  3. Pas facile en effet. Je ne sais pas si cela peut être un intéressant pour vous mais vous pouvez acquérir un logement qui est vendu par un bailleur social Et parfois ce sont des logements neufs. Les prix sont très intéressants pour une surface équivalente voir plus intéressante. Après il faut bien regarder le quartier mais ça peut être intéressant. Sinon ne pas hésiter à faire appel à un courtier qui vous trouveras un prêt immobilier. Bon courage

    1. Merci beaucoup pour tous ces conseils ! J’apprécie énormément. On réfléchit actuellement au courtier.
      A très bientôt

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